Le nouveau logo du parti socialiste, rendu public le 12 janvier 2010.
Le nouveau logo du parti socialiste, rendu public le 12 janvier 2010. - DR

Maud Pierron

C’est ce mardi que le bureau national doit choisir la ville qui accueillera le futur congrès du PS, qui se tiendra fin octobre. Plusieurs grandes communes ont fait acte de candidature: Saint-Etienne, Strasbourg, Angers et Toulouse. C’est Toulouse qui tient la corde, notamment parce qu’elle était déjà pressentie pour accueillir le congrès de 2008, qui s’est finalement tenu à Reims, ville plus favorable à Martine Aubry, alors en lice. Le choix de la ville repose à la fois sur des considérations pratiques (capacité hôtelière pour accueillir plusieurs centaines de personnes, centre de réunion, etc.) et sur des choix politiques (la sensibilité du maire, celle du département ou de la région...). Et marque durablement, notamment lorsqu’il se passe assez mal, l’imaginaire collectif socialiste. 20 Minutes en refait l’histoire.

1990: Rennes ou l’impossible synthèse

Quatre jours de réunions et rien: ni majorité ni synthèse et des divisions sur fond d’ambiance délétère. En 1990, le PS prépare déjà l’après-Mitterrand et Pierre Mauroy, qui est à la tête du PS, présente une motion avec Lionel Jospin. Ils arrivent d’un cheveu (28,95% contre 28,84%) devant la motion de Laurent Fabius, que Mitterrand veut imposer à la tête du parti et devant celle de Michel Rocard (24,2%). Bref, le parti est divisé en trois, avec trois visions de la gauche différentes, irréconciliables. A l’époque, les militants n’élisaient pas le premier secrétaire et la semaine suivante, le comité directeur du parti a reconduit Mauroy à la tête du parti. Un échec qui acte le début de la guerre entre jospinistes et mitterrandistes.

2005: Au Mans, Hollande sauve sa tête

Le parti arrive exsangue et divisé au congrès en 2005 après la bataille sur le Traité constitutionnel européen. François Hollande, qui a défendu le oui quand les Français et les sympathisants socialistes en particulier ont voté non, est affaibli. Laurent Fabius, qui lui a défendu le non, veut pousser son avantage pour prendre la tête du PS avec, en vue, la présidentielle de 2007. Le congrès sera houleux et s’achèvera par une pirouette dont seul Hollande a le secret: il fait la synthèse autour de lui, est reconduit dans ses fonctions, mais pour y parvenir, remet en selle Laurent Fabius, qu’il avait précédemment écarté de la direction. L’actuel ministre du Quai d’Orsay faisait même figure de grand gagnant du congrès, ayant obtenu 20% des voix au congrès sur son seul nom, lancé pour la primaire de 2006. C’était sans compter Ségolène Royal. C’est aussi  à l’issue de ce congrès que le Nouveau Parti socialiste, courant à gauche du PS, explose: Arnaud Montebourg décide de quitter le mouvement car, notamment, Vincent Peillon et Benoît Hamon n’ont pas assez soutenu son idée de Sixième République.

2008: Reims, le congrès calamiteux

En 2008, dans la ville du champagne, le PS est passé très près de l’explosion. François Hollande a achevé son mandat de premier secrétaire par un dernier discours, sous les lazzis de ses camarades, Ségolène Royal -qui cristallisait une majorité de l’appareil contre elle- s’est fait huer lors de sa prise de parole et Martine Aubry a surgi avec une coalition hétéroclite. La nuit de la fameuse commission des résolutions, aucun accord n’a pu être trouvé et Royal et son équipe, à l’époque constituée de Manuel Valls et Vincent Peillon, ont quitté la table des négociations. Aucune ligne politique claire n’a pu être trouvée, si ce n’est une opposition à Ségolène Royal, aucune majorité ne s’est dégagée. Dans la foulée, c’est Martine Aubry qui a été élue par les militants dans des circonstances encore troubles. Pour tous les observateurs, ce congrès était du niveau de celui de Rennes, en 1990, le pire de l’histoire -jusque-là- du PS.