A Paris, l'UMP tiraillée par la tentation permanente du putsch

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Publié le 26 juin 2012.

PARIS - Avec l'échec de la présidentielle et des législatives, la tentation d'une scission ressurgit au sein de l'UMP parisienne, avec d'un côté les frondeurs plutôt proches de Jean-François Copé et de l'autre les ténors "historiques", soutiens de François Fillon.

Depuis l'automne dernier déjà, ces élus tentés par un groupe dissident se réunissent chaque mois, dans un restaurant du centre de la capitale à l'occasion du Conseil de Paris. Au menu: manoeuvres et grandes aspirations pour "la reconquête de Paris", en 2014 notamment.

Sont visés le patron de la fédération UMP Philippe Goujon, proche de François Fillon et Jean-François Lamour, président du groupe UMP au Conseil de Paris.

Cette petite vingtaine d'élus (sur 51 conseillers UMP dans l'hémicycle) comme Pierre Charon, Rachida Dati, Pierre-Yves Bournazel ou Jean-Pierre Lecoq, reproche à ce tandem "un manque de mobilisation et un manque d'engouement", un "verrouillage", surtout après la déconvenue parisienne de la présidentielle.

La gauche est passée devant la droite dans la capitale pour la première fois en avril et celle-ci a reculé dans ses bastions historiques, mais a sauvé les meubles lors des législatives.

Les élus mécontents n'ont toutefois pas encore dégainé, semblant attendre un "feu vert" d'en haut, d'autant que la réélection à la présidence du groupe UMP au Conseil, initialement prévue au printemps --et qui leur aurait donné l'occasion de se manifester--, a été repoussée en septembre.

"Vous savez, par nature, le conseiller de Paris est frondeur, quel que soit le bord et j'ai entendu ça dès mon élection à la tête du groupe en 2008, donc il n'y a pas de raisons que ça change", relativise Jean-François Lamour, dont plusieurs sources disent qu'ils ne se re-présentera pas.

En revanche, dit l'ex-champion de sabre, "je préviens les uns et les autres, dans la perspective de la campagne pour la présidence de l'UMP que tout acte d'agression serait très mal venu".

"Les bruits de putsch c'est inapproprié, on vient de subir deux échecs successifs et si la seule réponse de la droite parisienne est la scission, c'est une mauvaise façon de réagir", embraye Jean-François Legaret, maire UMP du Ier, ex-candidat à la présidence du groupe et "prêt à rendre service" à nouveau.

"Je pourrais être +putschologue+!" dit-il même en riant, pour avoir "connu déjà le putsch de Jacques Toubon (qui avait créé en 1998 un groupe dissident au Conseil pour tenter de renverser Jean Tiberi, ndlr)".

Même tonalité chez Bernard Debré, tout juste réélu député: "Décidément, si certains élus UMP ou du centre veulent faire sécession, nous continuerons à avoir la droite +la plus bête du monde+", écrit lundi le chirurgien sur son blog.

"Le motif pourrait en être le combat Copé/Fillon! Certains n'ont pas digéré la venue de François Fillon à Paris", déplore M. Debré. Il accuse de nourrir un tel projet ceux qui veulent "contrer sa démarche future (de M. Fillon, ndlr), non pas celle de candidat à la mairie de Paris qu'il ne désire pas nécessairement briguer, mais celle de la présidentielle de 2017".

Mais en face, un proche de M. Copé juge que Paris "est de moins en moins pro-Fillon".

Partisan d'un nouveau groupe au Conseil "qui aille de l'avant", Jean-Pierre Lecoq, maire UMP du VIe, se justifie ainsi : "On est un certain nombre à considérer qu'on peut nettement faire mieux et il faut le vivre positivement".

En off une source proche de l'UMP affirme toutefois que "M. Copé est très +emmerdé+ par cette situation, il n'est pas contre le fait d'embêter Fillon mais de là à passer pour celui qui crée la division...".

© 2012 AFP
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