L'affaire Karachi pourrait être liée à l'assassinat du journaliste Daniel Pearl

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Publié le 25 juin 2012.

ENQUÊTE - Le juge Trévidic a rapporté de nouveaux éléments d'un voyage aux Etats-Unis, qu'il compte exposer aux familles des victimes...

Le juge parisien juge Marc Trévidic a obtenu aux Etats-Unis de nouveaux éléments laissant penser que les services secrets pakistanais pourraient être responsables de l'assassinat en 2002 du journaliste américain Daniel Pearl, imputé jusqu'ici aux islamistes, ont indiqué ce lundi à Reuters des source proche du dossier.

>> Pour retrouver notre diaporama sur l'affaire Karachi, cliquez ici.

Le juge Trévidic, chargé de l’enquête sur l'attentat de Karachi, a ramené d'un déplacement aux Etats-Unis une revendication de l'enlèvement en janvier 2002 de ce journaliste du Wall Street Journal, décapité le mois suivant. La revendication parvenue aux autorités américaines qui figure désormais au dossier français demandait la livraison à l'Etat pakistanais d'avions de combat F-16 américains, alors bloquée par un problème juridico-diplomatique.

Ahmed Omar Cheikh l’agent trouble

Selon Le Parisien, le juge Trévidic a par ailleurs fait interroger aux Etats-Unis un islamiste condamné à mort pour ce crime, Ahmed Omar Cheikh, et ce dernier a authentifié la revendication en question. Des livres de journalistes avaient déjà émis l'hypothèse que cet homme soit en réalité un agent des services secrets pakistanais. Le juge français s'intéresse à cet épisode car il est aussi sur la piste d'une possible action islamiste commanditée par les services secrets pakistanais dans son dossier visant l'attentat anti-français de Karachi.

Les familles des victimes de l'attentat de Karachi devaient être reçues ce lundi par Marc Trévidic, à Paris, pour information complète sur cet élément nouveau. Leur avocat Olivier Morice a déclaré à Reuters qu'il voyait dans l'affaire Pearl un «parallèle» avec le dossier Karachi, où l'hypothèse de travail serait donc à ses yeux validée.

Des liens entre services secrets et islamistes

Des islamistes condamnés à mort initialement pour l'attentat de Karachi ont en effet été blanchis en appel au Pakistan et il est désormais envisagé que l'attentat ait été motivé par un imbroglio sur des paiements de commission en marge du contrat des sous-marins, avec en toile de fond une possible corruption lors de la présidentielle française de 1995.

Les liens entre les services secrets pakistanais et les islamistes sont soupçonnés de longue date, notamment concernant le conflit avec l'Inde dans la province du Cachemire, où les premiers utilisent les seconds. Ces soupçons sur les services pakistanais ont été relancés lorsqu'il est apparu, lors de l'opération qui a mené à sa mort en mai 2011, que le chef d'Al Qaïda Oussama ben Laden résidait à Abbottabad, «capitale» de l'armée et des services spéciaux du Pakistan.

 


Avec Reuters
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