Congrès de l'UMP: Des candidatures, combien de lignes?

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Publié le 25 juin 2012.

POLITIQUE - A l'UMP, de plus en plus de personnalités font savoir leur ambition pour la présidence de l'UMP, avec en filigrane le duel Copé-Fillon et Juppé en recours...

Combien seront-ils au final en course pour la présidence de l’UMP? On imagine au moins un duel entre Jean-François Copé et François Fillon - les deux grands candidats déclarés - mais à écouter les déclarations des uns et des autres, ils pourraient être beaucoup plus à se disputer un poste vacant depuis l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007.

>> Qui soutien qui à l'UMP? A lire par ici

Encore ce lundi matin,Nathalie Kosciusko-Morizet, l’ex-porte-parole de Nicolas Sarkozy, a laissé entendre qu’elle pourrait y aller. «Si ma ligne était reprise, partagée largement, y compris par d'autres qui ont plus de qualités que moi pour la porter, je me rangerais derrière eux», a d’abord déclaré l’ancienne ministre de l’Ecologie sur BFM-TV et RMC. «Si elle ne l'était pas, je serais tentée d'aller la porter devant les militants», a-t-elle ajouté. Quelle est sa «ligne»? Adopter une position claire face au FN, c'est-à-dire en opposition totale avec ses idées.

Un autre ex-ministre de Nicolas Sarkozy s’est aussi senti pousser des ailes la semaine dernière. Bruno Le Maire a ainsi annoncé qu’il allait mener une réflexion sur de nombreux sujets, des institutions à l’Europe en passant par la fin du «ni-ni» face au FN et qu’ensuite, il verrait qui peut porter ses idées. Si aucun ne remplit ses critères, alors «je porterai mes idées moi-même», a-t-il annoncé, toujours sur BFM TV et RMC.

Tous contre le «ni-ni» de Copé

Comme s’ils s’étaient tous passés le mot… Puisque François Baroin, déjà, avait tenu des propos similaires lundi dernier. «Si [s]es idées ne sont pas reprises», il se présentera «certainement» à la présidence de l’UMP, expliquait-il à RTL. Là encore, cet ex-chiraquien a tancé la ligne du «ni-ni» face au FN retenue par Copé pour les législatives, mais avant, par Nicolas Sarkozy. «Cette stratégie-là a vécu et je pense que cela fait partie des leçons que nous devons tirer de ces [élections] perdues», a-t-il critiqué.

Et il y a évidemment Rachida Dati. La maire du 7e arrondissement de Paris, en guerre contre Fillon, n’écarte par la possibilité d’une candidature… «à plusieurs».  Les femmes de l’UMP ont plusieurs «propositions à faire» et si candidature il y a, elle sera collective a-t-elle insisté. Peut-être derrière Jean-François Copé tant l’ex-Garde des Sceaux est l’une des plus ferventes soutiens de l’actuel secrétaire général de l’UMP.

Car si tous réclament de grands débats d’idées, la reprises des leurs, et plus de démocratie interne, la ligne de fracture est bien l’attitude à tenir face au FN. Jean-François Copé penche pour la poursuite de la ligne retenue depuis les dernières cantonales, «ni Front républicain ni FN», mais François Fillon veut un retour à l’ancienne ligne, celle incarnée par Jacques Chirac: un cordon sanitaire épais vis-à-vis du FN. Une ligne partagée par la plupart des «petits» candidats prêts à se déclarer. Une multiplication des candidatures plus ou moins similaires qui visent à peser dans  le débat, mais aussi à montrer que la ligne défendue par Fillon est partagée par la plupart des ténors. Dans ce cas, la déclaration de Dati apparaît plutôt comme un contre-feux.

Juppé comme Aubry?

Mais un homme pourrait troubler ce duel annoncé: Alain Juppé. Revenu en grâce, populaire parmi les militants (mais moins que Fillon), c’est le grand sage de l’UMP qui aimerait apparaître en recours pour éviter un combat sanglant entre Copé et Fillon. L’ex ministre des Affaires étrangères claironne ne pas vouloir parler de ses ambitions personnelles tout de suite pour ne pas ajouter de la «cacophonie»,  prône «l’unité» et explique que le futur patron du parti d’opposition devra surtout ne pas être candidat en 2017 pour faire passer le parti avant ses ambitions personnelles.

Une déclaration qui n’est pas sans rappeler celles de nombreux caciques du PS en 2008, avant le congrès de Reims. Et qui explique même qu’une coalition (très) hétéroclite se soit formée pour porter Martine Aubry à sa tête contre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. A l’époque, simplement maire de Lille, défaite aux législatives de 2002, tous ses soutiens expliquaient officiellement qu’elle n’était pas présidentiable et que c’était exactement ce qu’il fallait au PS pour le remettre au travail. Toute ressemblance avec le maire de Bordeaux défait aux législatives de 2007…

Maud Pierron
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