Avant d'entrer dans le vif des sujets économiques et sociaux, l'exécutif, qui peut s'appuyer sur une majorité absolue à l'Assemblée, va procéder jeudi à un mini-remaniement pour compléter l'équipe gouvernementale de quelques maroquins, sans "surprises" attendues.
Avant d'entrer dans le vif des sujets économiques et sociaux, l'exécutif, qui peut s'appuyer sur une majorité absolue à l'Assemblée, va procéder jeudi à un mini-remaniement pour compléter l'équipe gouvernementale de quelques maroquins, sans "surprises" attendues. - Lionel Bonaventure afp.com

© 2012 AFP

Après sa victoire à l'Assemblée nationale, qui lui permet de gouverner avec une large majorité, l'exécutif va procéder ce jeudi en fin de journée à un mini-remaniement pour compléter l'équipe gouvernementale de quelques maroquins, sans grand bouleversement attendu.

La composition du gouvernement "Ayrault 2" sera connue "jeudi soir", a confirmé François Hollande à des journalistes, en marge du sommet Rio+20 sur l'environnement. Le premier Conseil des ministres de la nouvelle équipe devrait se tenir vendredi.

Ce remaniement ne devrait pas entraîner les chamboulements de l'équipe gouvernementale auxquels avaient procédé Nicolas Sarkozy et François Fillon le 19 juin 2007, peu après les législatives qui avaient consacré la victoire de l'UMP il y a cinq ans.

L'ancien couple exécutif avait alors tiré les conséquences de l'échec d'Alain Juppé aux législatives à Bordeaux et l'avait remplacé par Jean-Louis Borloo au rang de numéro 2 du gouvernement. Il avait aussi accentué la stratégie d'ouverture à des personnalités venues de la gauche comme Fadela Amara ou Jean-Marie Bockel. Bernard Laporte, à l'époque sélectionneur du XV de France de rugby, avait fait son entrée aux Sports.

Cette fois, le remodelage de l'équipe gouvernementale, qui restera paritaire, pourrait au final ne concerner que "deux noms" et ne pas comporter de "surprises", selon une source gouvernementale.

Tous élus ou réélus, les 24 des 34 ministres du gouvernement qui briguaient un poste de député ont rempli en effet décroché une victoire qui était la condition posée par M. Ayrault pour prolonger leur bail dans son équipe. Il n'y a donc pas besoin de leur trouver de remplaçant, d'autant que Marylise Lebranchu (Fonction publique) reste finalement au gouvernement et ne brigue pas la présidence de l'Assemblée.

Erreurs de casting

Ce remaniement devrait aussi être l'occasion de faire une place à d'autres composantes de la gauche que les écologistes d'EELV et les radicaux de gauche, déjà représentés. Mais les délégués PCF représentant les militants ont voté mercredi à une écrasante majorité leur refus d'entrer au gouvernement.

Le nom de Robert Hue, passé du PCF au Mouvement unitaire progressiste (MUP), membre de la majorité présidentielle, est cité. "Ça fait partie des débats pour les heures qui arrivent, il a sa place, il l'a eue dans la campagne électorale", explique le ministre des Relations avec le parlement, Alain Vidalies.

En écho à la fameuse "ouverture" de Nicolas Sarkozy, des socialistes ont aussi suggéré d'enrôler d'autres sensibilités au gouvernement, comme le MoDem.

François Bayrou, battu dimanche dans les Pyrénées-Atlantiques, n'en sera pas, mais des membres de sa formation, tel que l'ancien écologiste Jean-Luc Bennahmias, ne diraient pas non s'ils étaient approchés.

Pour le reste, le remaniement peut être l'occasion de corriger certaines erreurs de casting déjà apparues dans l'équipe "Ayrault 1".

La ministre déléguée à la Justice, Delphine Batho, s'accommoderait ainsi très mal de la tutelle de la garde des Sceaux, Christiane Taubira, et pourrait rejoindre Manuel Valls au ministère de l'Intérieur pour s'y occuper d'immigration. La ministre déléguée à la Francophonie, Yamina Benguigui, fait elle l'objet de critiques de certains de ses collègues.

On évoque enfin au PS la nécessité de pourvoir le portefeuille du Commerce extérieur, qui a atteint l'an dernier un déficit record. Le ministre du Travail, Michel Sapin, qui doit mener de front une multitude de chantiers sociaux, pourrait quant à lui être rejoint par un ministre délégué à la Formation professionnelle.