Gilbert Collard, élu à l'Assemblée nationale avec le soutien du Front national, a déclaré mercredi, en arrivant au Palais Bourbon aux côtés de Marion Maréchal-Le Pen, l'autre députée du FN, qu'il n'adhérerait pas à ce parti, tout en proclamant sa fidélité à Marine Le Pen.
Gilbert Collard, élu à l'Assemblée nationale avec le soutien du Front national, a déclaré mercredi, en arrivant au Palais Bourbon aux côtés de Marion Maréchal-Le Pen, l'autre députée du FN, qu'il n'adhérerait pas à ce parti, tout en proclamant sa fidélité à Marine Le Pen. - Kenzo Tribouillard afp.com

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Accueillis par une meute de journalistes pour leur premier jour à l'Assemblée nationale, Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard ont juré fidélité mercredi à leur chef, Marine Le Pen, mais l'avocat a réaffirmé qu'il ne prendrait pas sa carte au Front national.

"On n'aura pas de problème, au moins, pour se faire entendre": Gilbert Collard semble satisfait de la forêt de caméras qui l'entoure, même s'il a du mal à progresser dans la cour d'honneur de l'Assemblée.

Se tenant par la taille, l'avocat, qui cultive son image de grande gueule, et la nièce de Marine Le Pen, âgée de 22 ans, forment un duo assez improbable. Autour d'eux, c'est le "foutoir", comme le dit un journaliste, au milieu de dizaines de ses collègues agglutinés autour du duo frontiste.

"C'est pathétique. On se croirait au zoo", tempêtait un peu plus tôt le député UMP de Paris, Pierre Lellouche, attablé à un café. "Ce qui est intéressant, c'est de se demander pourquoi ils sont là. Ils sont l'expression d'un vrai malaise", ajoutait-il, avant de conclure: "et y'a pas qu'eux, y'a l'extrême gauche aussi".

Ce mercredi, Gilbert Collard, élu dans le Gard, et Marion Maréchal-Le Pen, victorieuse dans le Vaucluse, sont simplement venus remplir leurs premières formalités et visiter les lieux. Mais leur présence, même s'ils ne sont que deux, marque le retour du Front national au Palais Bourbon après 14 ans d'absence.

Myard n'a "pas besoin du viagra FN" Avec ces nouvelles figures, les questions vont bon train sur la concurrence médiatique qu'ils pourraient représenter pour la patronne du FN, défaite de justesse dans le Pas-de-Calais.

"Nous sommes un parti discipliné. Nous ne sommes pas là pour faire de l'ombre à Marine Le Pen", répond sa nièce. D'ailleurs, pour les premiers amendements ou propositions de loi, "ça ne dépend pas que de nous (...) c'est à notre présidente de nous guider".

"Si on est là, c'est grâce à elle", plaide à son tour l'avocat.

"Et grâce à son père avant elle", ajoute un peu plus tard Marion Maréchal-Le Pen. L'étudiante en droit n'oublie pas de rendre hommage à son grand-père, Jean-Marie Le Pen, qui avait beaucoup insisté pour qu'elle se présente à Carpentras, et qui ne porte pas Gilbert Collard dans son coeur.

"On peut avoir de la considération pour lui et pas de la sympathie", avait glissé l'ancien leader du FN à quelques journalistes la veille.

L'avocat, élu avec le soutien du FN, est pressé de questions sur son entrée éventuelle au sein du parti d'extrême droite, un pas qu'il n'a pas encore franchi et que Marine Le Pen ne trouverait "pas absurde".

Mais pour l'instant c'est "non", répète l'avocat. "Parce que j'ai une mission de rassemblement et je pense continuer à la mener", justifie celui qui verrait bien le Front national changer de nom.

"Là, je viens de rencontrer des députés avec qui j'ai parlé", assure-t-il. Lesquels? Pas de réponse.

Dans la salle des quatre colonnes, où les journalistes recueillent la parole des députés, l'UMP Jacques Myard, figure de la Droite populaire et habitué des lieux, ironise sur Gilbert Collard. L'avocat a annoncé vouloir être un "casse-couille démocratique?"

"Il ne sera pas le seul", répond-il. "Je n'ai pas l'intention de fermer mon petit clapet et je m'opposerai avec ténacité au laxisme et à la démagogie socialiste", ajoute-t-il, avant de conclure, à l'adresse des journalistes: "Vous êtes véritablement obnubilés par le viagra du Front national. A vous de le prendre, moi je n'en ai pas besoin".