Deux batailles parallèles se sont déroulées mardi dans les couloirs et la cour d'honneur de l'Assemblée nationale, parmi les députés socialistes pour la présidence de l'Assemblée nationale, et, à droite, entre Christian Jacob et Xavier Bertrand pour la direction du groupe UMP.
Deux batailles parallèles se sont déroulées mardi dans les couloirs et la cour d'honneur de l'Assemblée nationale, parmi les députés socialistes pour la présidence de l'Assemblée nationale, et, à droite, entre Christian Jacob et Xavier Bertrand pour la direction du groupe UMP. - Kenzo Tribouillard afp.com

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Deux batailles parallèles se sont déroulées mardi dans les couloirs et la cour d'honneur de l'Assemblée nationale, parmi les députés socialistes pour la présidence de l'Assemblée nationale, et, à droite, entre Christian Jacob et Xavier Bertrand pour la direction du groupe UMP.

Claude Bartolone et Jean Glavany, candidats déclarés au perchoir, et Elisabeth Guigou, "disponible" pour cette fonction, ont fait activement campagne, suivis par une nuée de caméras et micros, mais en fait c'est autour d'une absente, Marylise Lebranchu, qu'ont tourné toutes les interrogations.

La ministre de la Fonction publique est soumise à de fortes pressions pour se porter candidate mais refusait toujours d'y céder mardi en début d'après-midi, selon des sources concordantes, une semaine avant la reprise des travaux parlementaires et l'élection du président.

"Elle confirme sa volonté de rester au gouvernement pour accomplir sa mission de réforme de l'Etat et de décentralisation", a-t-on affirmé dans son entourage, tout en reconnaissant qu'elle était l'objet de "sollicitations" pour revenir sur sa décision.

Pourtant, selon un responsable socialiste, "il y a consensus autour d'elle alors qu'il n'y a aucun consensus autour d'Elisabeth Guigou", l'objectif, pour l'Elysée et Matignon, étant qu'une femme accède au perchoir.

Groupe PS: Le Roux favori

Marylise Lebranchu possède l'avantage de connaître parfaitement l'Assemblée, où elle détenait dans la précédente législature un des postes clés de questeur (en charge des finances et de l'administration). En outre, largement réélue dans le Finistère dimanche, elle est députée de province. Deux des prétendants au perchoir sont de Seine-Saint-Denis, département qui serait alors surreprésenté car Bruno Le Roux, favori pour la présidence du groupe PS, en est aussi élu.

Bruno Le Roux ne semble en effet pas menacé par Philippe Martin, député du Gers et proche de Martine Aubry, qui a annoncé lui aussi sa candidature.

S'il n'y a pratiquement pas de suspense pour la présidence du groupe socialiste, il n'en est pas de même pour celle du groupe UMP, depuis la déclaration de candidature mardi matin sur RTL de l'ex-ministre du Travail Xavier Bertrand, qui veut incarner "une opposition combative, résolue".

Réélu député de l'Aisne d'extrême justesse dimanche, Xavier Bertrand, allié de François Fillon, affirme pouvoir l'emporter, mercredi, lors d'un scrutin à bulletin secret, face au président sortant et candidat à sa succession, Christian Jacob, très apprécié de ses pairs et proche du secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé.

La confrontation Bertrand-Jacob enclenche de fait la bataille Fillon-Copé pour le poste de président de l'UMP, lors d'un congrès en novembre, même si M. Bertrand a affirmé que les deux scrutins étaient "complètement indépendants".

Outre ces deux hommes, un autre ex-ministre, Hervé Gaymard, revendiquant une sensibilité gaulliste, s'est lancé. Le radical Jean Leonetti hésite encore, mais finalement pourrait renoncer, d'après certaines sources.

Du côté des centristes

En dehors des deux principales forces, socialiste et UMP, les autres courants politiques essaient de se faire une place au Palais Bourbon, certains franchissant à peine la barre des quinze députés requise pour former un groupe à l'Assemblée.

Les dix députés du Front de gauche vont constituer un groupe avec des élus "progressistes" d'outre-mer, a annoncé à la presse le député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne, qui devrait le présider.

Le président du Parti radical Jean-Louis Borloo a annoncé de son côté à l'AFP la création d'un nouveau groupe centriste, l'Union des démocrates et indépendants (UDI), dont il a été élu président, avec comme vice-président l'ex ministre de la Fonction publique, François Sauvadet.

Enfin, dans le groupe EELV en train de se constituer, plusieurs candidats dont Noël Mamère (Gironde), François de Rugy (Loire-Atlantique) voire Denis Baupin (Paris) se sont déclarés pour la présidence.