Législatives: Hollande a pour gouverner un PS majoritaire à l'Assemblée, retour du FN

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Publié le 18 juin 2012.

PARIS - Avec un PS détenteur de la majorité absolue à l'Assemblée nationale, pour la première fois depuis 1981, François Hollande a désormais les coudées franches pour gouverner et affronter la crise, à l'issue des législatives qui voient le Front national faire son retour au Palais-Bourbon.

S'il enregistre comme attendu l'échec de Ségolène Royal à La Rochelle, alors qu'il la soutenait, le chef de l'Etat va pouvoir, avec son gouvernement, "prendre à bras le corps les problèmes" du pays, toujours confronté à la crise de la zone euro, a réagi le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Avec ses proches alliés (PRG, MRC, divers gauche), le PS obtient 314 sièges, selon les résultats définitifs connus vers 00H15. La majorité absolue est de 289 sièges. Au total, la gauche obtient quelque 51% des voix.

Les 25 ministres qui étaient candidats, dont le Premier d'entre eux, ont tous été élus, y compris Marie-Arlette Carlotti (Personnes handicapées) dans la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône, face à Renaud Muselier (UMP). Jean-Marc Ayrault et cinq ministres avaient été élus dès le premier tour.

Dans la 1ère circonscription de Charente-Maritime, sous les projecteurs pendant l'entre-deux-tours avec le tweet retentissant de Valérie Trierweiler, Ségolène Royal a en revanche été battue par le dissident PS Olivier Falorni, auquel la compagne de François Hollande avait apporté son soutien.

Sans même attendre 20H00, la candidate à la présidentielle de 2007 a concédé sa défaite et fustigé la "trahison politique" de son adversaire.

Mme Royal, qui rêvait de la présidence de l'Assemblée, a déploré le soutien de la Première dame à son rival: "Ca n'a pas arrangé les choses". Elle a toutefois assuré qu'elle continuerait à "peser sur les choix de la politique nationale" et n'a pas exclu de briguer la tête du PS.

Comme il le souhaitait, le gouvernement pourra mener ses réformes sans même avoir besoin de l'appui des écologistes qui, avec 17 députés, pourront toutefois constituer pour la première fois un groupe parlementaire. C'est une "grande et belle date dans l'histoire des écologistes", s'est réjouie leur patronne et ministre Cécile Duflot, élue à Paris avec un score écrasant de 72,2%.

Avec seulement 10 députés, le Front de gauche ne pourra en revanche former un groupe. Son leader Jean-Luc Mélenchon --éliminé dès la semaine dernière à Hénin-Beaumont-- a demandé que le seuil pour en constituer un soit abaissé.

Parmi les ministres candidats, menacés de devoir quitter leurs fonctions en cas de défaite, Aurélie Filippetti (Culture) l'emporte en Moselle, Stéphane Le Foll (Agriculture) dans la Sarthe, dans l'ancienne circonscription de François Fillon, Pierre Moscovici (Economie) dans le Doubs, et Valérie Fourneyron (Sports) en Seine-Maritime.

L'ancien ministre Jack Lang a raté son parachutage dans les Vosges, où il a été battu.

A droite, l'UMP et ses alliés (radicaux, centristes, DVD) obtiennent 229 sièges et perdent plus d'une centaine de députés par rapport à 2007.

Ils sont battus par la gauche dans huit des onze circonscriptions des Français de l'étranger. L'ex-secrétaire d'Etat Marie-Anne Montchamp est devancée dans le Bénélux, et Frédéric Lefèbvre perd aux Etats-Unis. L'ancien ministre Thierry Mariani l'emporte en revanche dans la vaste 11e circonscription (Russie, Asie, Océanie).

François Fillon a été élu dans la 2e circonscription de Paris, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé réélu à Meaux (Seine-et-Marne), comme les ex-ministres Xavier Bertrand (Aisne), Luc Chatel (Haute-Marne), Bruno Le Maire (Eure) et Nathalie Kosciusko-Morizet (Essonne). Le président du Nouveau Centre, Hervé Morin, gagne un nouveau mandat dans l'Eure.

A l'inverse, l'ancienne ministre et "passionaria sarkozyste" Nadine Morano a été battue à Toul, en dépit de ses appels du pied pressants aux électeurs du FN. Michèle Alliot-Marie, figure du gaullisme, a mordu la poussière dans les Pyrénées-Atlantiques, tout comme l'ex-ministre et homme de confiance de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant (Hauts-de-Seine), défait par un dissident UMP. Dans l'Essonne, l'ancien ministre Georges Tron perd son siège.

Sitôt connus les résultats, la bataille pour la tête de l'UMP s'est engagée. "Nous devons nous renouveler", a lancé François Fillon, tandis que M. Copé a appelé son parti à "l'unité" et mis en garde contre les "querelles de personnes".

Dans la foulée de son bon score à la présidentielle (17,9%), le FN a signé, malgré la défaite de Marine Le Pen, son grand retour au Palais-Bourbon pour la première fois depuis 1998.

L'avocat Gilbert Collard (Gard), qui s'est fixé "une mission de casse-couille démocratique", et Marion Maréchal-Le Pen, élue à 22 ans à Carpentras, porteront ses couleurs. La petite-fille de Jean-Marie Le Pen, future benjamine, s'est dite "heureuse d'être la porte-parole de la jeunesse française".

A Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Marine Le Pen a été battue de 118 voix par le socialiste Philippe Kemel et a demandé, pour la forme, un recomptage.

En comptant Jacques Bompard (Ligue du Sud), élu à Orange, l'extrême droite devrait avoir trois élus.

De son côté, le MoDem a conservé deux sièges. Mais son chef, François Bayrou, a perdu le sien dans les Pyrénées-Atlantiques et a annoncé qu'en conséquence il allait "prendre du recul" et changer "la forme de son engagement".

Après neuf mois d'un marathon électoral débuté par la primaire socialiste, l'abstention a battu un nouveau record avec 44%. L'Assemblée issue de ce scrutin sera la plus féminisée de l'histoire, avec au moins 151 députées (contre 107 dans l'Assemblée sortante).

Pour la première fois depuis 1997, la gauche remporte les élections législatives. Les Français ont été peu nombreux à se rendre aux urnes : l’abstention atteint un record à 44 %, 4 points de plus qu’il y a 5 ans. Ils ont cependant confirmé leur choix de la présidentielle, accordant au parti socialiste et ses proches alliés la majorité absolue avec plus de 310 sièges sur 577

François Hollande l'avait appelé de ses vœux, c'est désormais chose faite : avec 291 sièges, le PS obtient à lui seul la majorité absolue à l'Assemblée nationale, du jamais vu depuis 1981. Durée: 02:35

© 2012 AFP
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