Marine Le Pen ou un élu PS inconnu? Suspense total à Hénin-Beaumont

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Publié le 17 juin 2012.

HENIN-BEAUMONT (Pas-de-Calais) - Des espoirs dans le camp de Marine Le Pen, des inquiétudes mobilisatrices au PS: le suspense est total dimanche à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), où la présidente du Front national se bat aux portes de l'Assemblée contre un élu local inconnu du grand public qui bénéficie du soutien de Jean-Luc Mélenchon.

"L'issue n'est plus entre nos mains, mais entre celles des électeurs", a lancé à la presse la candidate FN vers 11H30 en sortant du bureau de vote de l'école Jean-Jacques Rousseau, situé dans la même rue que sa permanence à Hénin-Beaumont.

L'eurodéputée a expliqué qu'elle misait moins sur la "démobilisation" éventuelle des électeurs de M. Mélenchon, que sur sa propre "dynamique".

"Est-ce que tout le monde a appelé son père pour lui souhaiter bonne fête?" a plaisanté la fille de Jean-Marie Le Pen, arrivée en tête au 1er tour (42,36%) devant son rival PS Philippe Kemel (23,5%) et M. Mélenchon du Front de Gauche (21%). L'abstention avait été proche de 43%.

"J'espère que Marine va passer, il ne faut pas avoir peur de le dire", lance Hubert David, qui sort du même bureau de vote juste avant la candidate, en pestant contre la mairie PS d'Hénin-Beaumont. "On tape à toutes les portes pour avoir un logement", explique sa compagne Aline Planque, 39 ans.

"Moi, Steeve (Briois, le supplément de Mme Le Pen), je le connais, il doit nous contacter pour un logement", reprend l'homme de 41 ans, sous assistance respiratoire, en attente d'"une greffe de poumons".

Direction le bureau de vote de Darcy, dans les faubourgs pavillonnaires, au pied d'un terril, un quartier fortement frontiste. "Le Pen, c'est ma candidate. Il faut voir si elle va tenir parole sur les étrangers, surtout. Il y en a trop, sans être raciste", affirme Yvette Bavière, une retraitée de 74 ans, qui voudrait bien que sa candidate parle "davantage des retraites".

Electeur socialiste jusqu'en 2002, puis sarkozyste à la dernière présidentielle, son fils, Fabrice, 39 ans, employé de logistique, vote aussi Le Pen "après ce qui s'est passé à Hénin, avec la guerre entre le PS et l'ancien maire Dalongeville".

M. Kemel, le rival socialiste de Mme Le Pen, a voté vers 10H00 à Carvin, la ville dont il est le maire depuis 2001, sans faire de déclaration, fidèle à sa discrétion dans l'une des circonscriptions les plus médiatisées de France.

"Ce ne sont pas les caméras qui votent", avait ironisé dimanche dernier ce notable inconnu, qui a refusé le débat avec Mme Le Pen entre les deux tours.

A Libercourt, à côté de Carvin, 463 personnes avaient voté à la mi-journée, soit 50 de plus qu'au premier tour à la même heure, selon les assesseurs.

"Je pense qu'une mobilisation plus importante nous est favorable", se rassure M. Kemel. "Je ne pense pas qu'elle (ndlr: Mme Le Pen) ait des réserves de voix".

"Avec la montée du Front national, c'était important de venir voter", assure à Libercourt, Méliana, une étudiante en droit de 19 ans. "Quand on se dit républicain, un parti comme le FN ne représente pas la France dont la devise est Egalité et Fraternité", ajoute la jeune femme, qui a voté Mélenchon au premier tour.

Elle pense tout de même que Mme Le Pen "a ses chances" car "elle sait mettre le doigt où ça fait mal", dans un bassin minier en proie au chômage avec une espérance de vie plus courte qu'ailleurs.

Virginie Delcroix vote socialiste "contre Marine Le Pen". "Je n'aime pas ses idées qui tournent autour du racisme. Je suis plutôt carrément anti-Le Pen", dit cette assistante commerciale, venue voter en couple avec David, conducteur routier.

Le Pen ou Kemel? Début de réponse à la fermeture des bureaux à 18H00.

© 2012 AFP
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