La gauche, Jean-Marc Ayrault en tête, a été sévère mercredi contre Valérie Trierweiler et son tweet incendiaire, tandis que la droite, goguenarde, amorçait un débat sur la nécessité d'un statut encadrant le rôle de première dame de France.
La gauche, Jean-Marc Ayrault en tête, a été sévère mercredi contre Valérie Trierweiler et son tweet incendiaire, tandis que la droite, goguenarde, amorçait un débat sur la nécessité d'un statut encadrant le rôle de première dame de France. - Martin Bureau afp.com

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La gauche, Jean-Marc Ayrault en tête, a été sévère mercredi contre Valérie Trierweiler et son tweet incendiaire, tandis que la droite, goguenarde, amorçait un débat sur la nécessité d'un statut encadrant le rôle de première dame de France.

Ayant déclenché une ardente polémique en soutenant, à contrepied du président François Hollande, Olivier Falorni le rival dissident de Ségolène Royal aux législatives à La Rochelle, Mme Trierweiler doit apprendre à rester sur la réserve, a tancé le Premier ministre. "C'est un rôle discret qui doit être le sien, et qui n'est pas facile à trouver". "Chacun doit être à sa place", a-t-il dit à l'émission Questions d'info LCP/France Info/AFP/Le Monde.

D'autres voix au PS ont critiqué la stupéfiante initiative de la journaliste. "Une faute", a tranché Claude Bartolone, en avertissant: "Un tweet ça va, deux tweets bonjour les dégâts".

Très proche de M. Hollande, François Rebsamen a jugé que sa compagne était sortie de son rôle: "Il faut qu'elle apprenne la réserve qui doit être la sienne".

Seule la ministre Marisol Touraine a plaidé la défense: "Cette affaire prend des proportions que je trouve un peu déplacées. C'est un positionnement privé", "je ne crois pas qu'elle ait cherché à contredire le président".

"C'est l'écume des choses", a relativisé la première secrétaire Marine Aubry.

Ravie de l'aubaine après un premier tour des législatives remporté par la gauche, la droite a continué à pilonner. Ayant décoché une des premières réactions au tweet mardi midi ("Le vaudeville entre à l'Elysée"), l'UMP Eric Ciotti a lancé mercredi matin de nouvelle flèches: "Cette affaire ridiculise notre pays, ridiculise le chef de l'Etat".

Dans un registre plus atténué, l'ex-ministre du Budget Valérie Pécresse a dit ne pas avoir envie de se demander si "François Hollande peut gérer son couple" mais s'il "peut gérer la crise".

L'UMP Patrick Ollier suggère de tirer une "leçon de cette faute": qu'une loi organique crée un statut, aujourd'hui inexistant, pour la conjointe du chef de l'Etat. Il s'agirait, aux yeux de l'ex-ministre des Relations avec le Parlement, d'encadrer le domaine d'intervention de la première dame - terme jugé désuet par Mme Trierweiler. "Comment pourrions-nous tolérer une prise de position contradictoire de la compagne du président de la République sur un sujet international par exemple?".

Ex-porte-parole de Nicolas Sarkozy -auquel il a été beaucoup reproché de mélanger vies publique et privée-, Nathalie Kosciusko-Morizet juge aussi que "ce qui pose problème, c'est le statut". "On ne sait pas si Valérie Trierweiler s'exprime comme compagne du président de la République, s'exprime comme militante socialiste ou s'exprime comme journaliste engagée". Une clarification s'impose, selon elle.

Ce n'est pas l'avis du secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé. Il n'a pas d'avis sur cette question éventuellement politique, plus certainement people, mais "certainement pas un sujet institutionnel".

De même pour M. Ayrault, "il n'y a pas de statut, ce n'est pas le sujet central". Il a réaffirmé la ligne hollandaise: "Ne pas mélanger vie publique et vie privée". Ligne totalement contredite par le tweet de sa compagne, s'amuse la droite.

Les responsables socialistes se sont tous rejoints pour déplorer que le tweet ait occulté ce que M. Bartolone qualifie d'"attouchements" entre UMP et FN. La droite s'empare de cette affaire pour "cacher ses propres turpitudes", a ainsi dit M. Rebsamen. Pour le chef de gouvernement, "la droite surexploite cet épisode".

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a estimé mercredi 13 juin que la compagne de François Hollande devait avoir "un rôle discret", au lendemain du soutien affiché par Valérie Trierweiler au dissident PS Oliver Falorni. Extraits. Durée: 00:41.