Trierweiler encourage l'adversaire de Royal et crée la stupeur

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Publié le 12 juin 2012.

LA ROCHELLE - Valérie Trierweiler, compagne du chef de l'Etat, a créé mardi la stupeur et placé en position délicate François Hollande, en adressant ses encouragements au dissident PS opposé aux législatives à Ségolène Royal, ce que la droite a accueilli comme une aubaine.

"Courage à Olivier Falorni qui n'a pas démérité, qui se bat aux côtés des rochelais depuis tant d' années dans un engagement désintéressé", a écrit peu avant 12H00 sur son compte Twitter la journaliste, alors que le président venait d'apporter son soutien à Mme Royal, son ex-compagne et la mère de ses 4 enfants.

Une prise de position de Mme Trierweiler à peine croyable au point que l'entourage de la première secrétaire du PS Martine Aubry, venue à La Rochelle pour soutenir Mme Royal, était persuadé que le message était un faux.

Après plus d'une demi-heure de mutisme, Valérie Trierweiler a confirmé à l'AFP l'authenticité de son message, d'un laconique "oui".

M. Falorni, arrivé deuxième derrière Ségolène Royal (28,91% contre 32,03%) mais qui a obstinément refusé de renoncer à sa candidature, s'est aussitôt "réjoui" de ce "beau message d'amitié, de soutien personnel". "Ca fait évidemment plaisir dans un contexte où je subis beaucoup de coups", a-t-il déclaré.

La droite a immédiatement vu dans cet épisode une aubaine. "Le vaudeville entre à l'Elysée", a commenté le député UMP Eric Ciotti. "La +République exemplaire+ cède le pas à la mauvaise chronique people. Ce matin, la présidence +normale+ est définitivement morte. Désormais, c'est +Dallas+ à l'Elysée!", a renchéri Geoffroy Didier (UMP).

"Morale politique"

Avec ce tweet de Mme Trierweiler, vie publique et vie privée se sont retrouvées entremêlées dans la campagne: ex-compagne de François Hollande, Ségolène Royal, qui vise ouvertement la présidence de l'Assemblée, venait de se prévaloir du soutien écrit du chef de l'Etat dans sa profession de foi de second tour.

Dans ce document divulgué mardi, le président souligne: "Ségolène Royal est l'unique candidate de la majorité présidentielle qui peut se prévaloir de mon soutien et de mon appui".

Ce rebondissement est intervenu en pleine visite de Mme Aubry et de Cécile Duflot (EELV), venues soutenir à La Rochelle Mme Royal, en réelle difficulté dans cette 1ere circonscription où l'UMP, absente du second tour, a manifesté son intention de faire battre la présidente de la région.

Passée la période d'incrédulité, Martine Aubry a assuré que "la seule chose qui compte", c'est le soutien de François Hollande à Ségolène Royal.

L'ex-candidate à la présidentielle de 2007 était venue accueillir la première secrétaire du PS et la patronne écologiste à la gare de La Rochelle, avant de déposer en leur compagnie sa candidature à la préfecture.

Martine Aubry a loué "l'honnêteté et la sincérité" de son ancienne rivale pour la direction du PS, une voix "forte" et qui "compte", et Mme Duflot a qualifié Mme Royal de "candidate de nous tous rassemblés".

Sur BFMTV/RMC, la présidente de la région Poitou-Charentes, qui s'exprimait avant la prise de position de Valérie Trierweiler, avait dit sa confiance car "la morale politique, le travail doivent l'emporter".

"Bien évidemment", avait-elle rétorqué au sujet du soutien du chef de l'Etat. François Hollande, qu'elle a eu "très longuement" au téléphone, "a fait savoir, ainsi que son Premier ministre, qu'on ne pouvait pas se maintenir en candidat dissident, surtout en recevant le soutien de l'UMP et des voix sarkozystes", avait-elle souligné.

Déjà affaiblie par sa quatrième place à la primaire socialiste l'an dernier, Mme Royal a assuré que, même battue, elle n'arrêterait pas la politique.

Or, certains à l'UMP, à l'instar de l'ex-ministre Dominique Bussereau, sont tentés de faire voter leurs électeurs pour M. Falorni, dans une posture "tout sauf Royal".

© 2012 AFP
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