La candidate socialiste Catherine Arkilovitch a annoncé lundi soir à l'AFP son maintien au second tour dans la 3e circonscription du Vaucluse, malgré la consigne de retrait donnée par la première secrétaire du PS, pour "faire barrage au Front national".
La candidate socialiste Catherine Arkilovitch a annoncé lundi soir à l'AFP son maintien au second tour dans la 3e circonscription du Vaucluse, malgré la consigne de retrait donnée par la première secrétaire du PS, pour "faire barrage au Front national". - Gerard Julien afp.com

© 2012 AFP

La candidate socialiste, Catherine Arkilovitch, a annoncé lundi soir à l'AFP son maintien au second tour dans la 3e circonscription du Vaucluse, malgré la consigne de retrait donnée par la première secrétaire du PS, Martine Aubry, pour "faire barrage au Front national".

"J'y vais, je maintiens ma candidature. Ce sont les militants qui l'ont souhaité", a-t-elle déclaré à l'issue d'une réunion avec les sympathisants locaux.

Marion Maréchal-Le Pen, petite-fille de Jean-Marie et nièce de Marine, est arrivée en tête dimanche du premier tour du scrutin législatif dans cette circonscription (Carpentras), avec 34,63% des suffrages, devant le sortant, l'UMP Jean-Michel Ferrand (30,03%).

Mme Arkilovitch, 62 ans, s'est classée en troisième position avec 21,98% des suffrages, un score inespéré dans une circonscription très ancrée à droite. Elle dispose d'une possible réserve de voix avec les suffrages du Front de gauche, qui a attiré 7,76% des exprimés dimanche.

Face à la menace FN, le PS lui avait toutefois demandé lundi matin de "retirer sa candidature". Un désistement républicain que l'élue socialiste a finalement refusé. "Les gens de gauche comptent sur nous, ils ne veulent pas être rayés de la carte en deux secondes", a expliqué Mme Arkilovitch à l'AFP.

"J'aurais préféré qu'elle se retire, mais elle va à l'encontre des décisions de son parti et fait le jeu du FN en se maintenant, je ne pense pas que les électeurs apprécieront", a réagi M. Ferrand, 69 ans dont 26 au Palais Bourbon.

A l'inverse, Marion Le Pen a salué, par la voix de son directeur de campagne Maxime Ango, "le courage de Mme Arkilovitch qui a osé affronter l'appareil socialiste".

"Malgré tout, cela reste une candidate et une opposante dans les idées et les valeurs, donc nous continuerons à la combattre, sachant que pour nous, ce n'est pas un second couteau", a déclaré M. Ango, estimant que son maintien "ne facilitait pas plus la donne" au FN.

Tout juste intronisée candidate en mai sur cette terre de prédilection pour l'extrême droite, Marion Maréchal-Le Pen, 22 ans, a été missionnée par son grand-père, qui avait envisagé un temps de se présenter lui-même pour "laver l'affront" de Carpentras, quand le FN avait fait figure d'accusé après la profanation de tombes juives en 1990.