François Hollande sur ses terres, entre commémorations et bains de foule

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Publié le 10 juin 2012.

REPORTAGE - Le président de la République a annoncé qu'il essaierait de venir tous les 9 juin commémorer la mémoire des pendus de Tulle...

De notre envoyé spécial à Tulle (Corrèze)

Les anciens combattants se tiennent droits dans leur costume bardés de décorations. La fanfare des lycéens s’est tue. Une rumeur enfle. «Il arrive par ce côté…» Dans sa bonne vieille ville de Tulle, François Hollande débouche d’une rue à pied. Le chef de l’Etat serre des mains, papote, bisoute, papouille les enfants. «Ca va la petite? Oh tu vas bien toi», répète-t-il. «Félicitations pour l’élection », lance une dame. De l’autre côté de la rue ça râle. «François, par ici…» «J’essaye de vous l’amener», glisse Valérie Trierweiler qui ne lâche pas son compagnon. 96 bises et 210 poignées de main plus tard, le président de la République se tient droit devant la stèle en hommage «aux martyrs du nazisme». Le temps de la commémoration arrive.

Les 99 suppliciées de Tulle

Comme il le faisait déjà tous les ans avant de conquérir l’Elysée, le président de la République a tenu à venir à Tulle honorer la mémoire des 99 Français pendus par la division SS Das Reich, le 9 juin 1944. Dans les rues de la préfecture corrézienne, des guirlandes de fleurs accrochées aux balcons et aux lampadaires marquent les endroits où les suppliciés ont péri. «Mis à part les contraintes qui pourraient se présenter, je viendrais tous les 9 juin car pour moi c’est une référence de ce qu’a été le courage d’hommes et de familles», explique le président de la République.

A cause de l’actualité de la journée marquée par la mort des soldats en Afghanistan, François Hollande a un peu modifié son agenda. Il ne s’est pas rendu au marché le matin mais a maintenu son déjeuner avec ses anciens collaborateurs du Conseil général puis a pris la parole à la préfecture pour évoquer la mort des soldats. L’après-midi est au recueillement et à la mémoire du passé. Comme tous les 9 juin, une marche silencieuse est organisée jusqu’ au lieu de sépulture, à Haut-lieu de Ceuille.

Un moment de détente avant un premier tour crucial

Cette fois-ci, le silence est donc un peu perturbé par l’attraction Hollande, photographié, salué du haut des immeubles. Il s’arrête, prend du retard sur les anciens combattants porte-drapeaux puis réaccélère. Les officiers de sécurité ne savent plus où donner de la tête. Les Corréziens sont ravis. «Elle est où Valérie? Ah, là voilà…», rosit une habitante. Le chef de l’Etat continue son bain de foule, pose avec les jeunes pompiers volontaires, embrasse la sous-préfète. «Mais oui, on se connaît, on a fait quelques manifestations ensemble», lui glisse-t-il. Derrière, la candidate PS aux législatives, Sophie Dessus,  trottine. «Non, il n’a pas changé depuis qu’il est devenu président de la République. Nous avons un peu évoqué les élections ensemble. Je lui ai dit que je ne lui promettais pas que je gagnerai au premier tour», sourit la socialiste rendue célèbre par les images où l’on voit Jacques Chirac la draguer.

Dans son ancienne ville, Hollande profite de cette marche. Visiblement heureux et détendu de l’accueil des habitants à la veille du premier tour des législatives qui détermineront la suite de son quinquennat.  «Ce n’est pas une surprise pour eux de me voir ici, ce qui leur fait plaisir, c’est de moi en tant que président de la République. Ils n’auraient pas compris que je ne sois pas là aujourd’hui car le 9 juin est un moment de rassemblement, de tristesse mais aussi de solidarité», confie le chef de l’Etat. Une dernière gerbe déposée et le président de la République file profiter de sa soirée avant d’aller voter dimanche matin.

Matthieu Goar (à Tulle)
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