François Hollande au Mémorial de Caen le 6 juin 2012, pour les commémorations du débarquement.
François Hollande au Mémorial de Caen le 6 juin 2012, pour les commémorations du débarquement. - CHAMUSSY/SIPA

Ce n’était pas inscrit à son agenda. Mais François Hollande a profité de son déplacement au mémorial de Caen (Calvados) pour rencontrer, ce mercredi, les familles des victimes des attentats de Karachi. Selon nos informations, l’entretien a eu lieu à la préfecture de Caen et a duré près de 45 minutes.

Contacté par 20 Minutes, Olivier Morice, l’avocat des familles de victimes, a confirmé cette information. «Oui, nous avons vu le Président. L’entretien a été très positif. Les familles ont vraiment apprécié de pouvoir le rencontrer aussi vite après sa prise de fonction.» Depuis plusieurs années, les familles de victimes souhaitent que la justice avance dans les deux volets –financier et terroriste– afin de comprendre pourquoi leurs proches ont été tués dans un attentat en 2002 à Karachi (Pakistan). La justice enquête notamment sur des soupçons de financement occulte de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995. L’attentat aurait été perpétré en représailles après l’arrêt de versements de commissions, liés à la vente de plusieurs sous-marins entre la France et le Pakistan.

L’Etat prend à sa charge les honoraires d’avocats

Ce jeudi après-midi à Caen, François Hollande ne s’est pas contenté d’apporter son soutien aux familles de victimes. Selon Olivier Morice, le chef de l’Etat s’est engagé à solliciter tous ses ministres au sujet de la levée du secret-défense entourant cette affaire. «Ces dernières années, plusieurs demandes de déclassification de documents ont été refusées, assure Olivier Morice. François Hollande s’est engagé et va demander à tous les ministres concernés de réexaminer ces demandes de déclassification.» Selon nos informations, les ministères du Budget, des Finances, de la Défense et des Affaires étrangères sont concernés par cette demande ainsi que Matignon.

D’autre part, le président de la République a décidé d’accorder la protection statutaire aux veuves des victimes de l’attentat. Jusqu’ici, seuls les blessés y avaient droit. «Concrètement, poursuit Olivier Morice, cela veut dire que l’Etat va prendre à sa charge les honoraires d’avocat.» Sur son compte Twitter, Magali Drouet, fille de l'une des victimes de l'attentat, a précisé que cette protection statutaire devrait être examinée par l'Assemblée nationale dès le mois de juillet.

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