Toujours secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Mme Duflot n'a fait que rappeler sur RMC et BFMTV la "position" de son parti depuis "très longtemps", à savoir la dépénalisation de cette drogue douce, plus consommée en France que dans la plupart des autres pays européens.
Toujours secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Mme Duflot n'a fait que rappeler sur RMC et BFMTV la "position" de son parti depuis "très longtemps", à savoir la dépénalisation de cette drogue douce, plus consommée en France que dans la plupart des autres pays européens. - Lionel Bonaventure afp.com

avec AFP

La ministre du Logement, Cécile Duflot, a plaidé mardi pour la dépénalisation du cannabis en France, une position inverse de celle du gouvernement et notamment de son ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.

«Le cannabis, c'est comme l'alcool et le tabac»

Secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Cécile Duflot a plaidé sur RMC et BFMTV pour la dépénalisation du cannabis, rappelant que «c'est la position» de son mouvement depuis «très longtemps». «L'objectif est double: il est de faire baisser le trafic, de supprimer le trafic et la violence notamment, et d'avoir une politique de santé publique», a-t-elle relevé. «Il faut considérer que le cannabis, c'est comme l'alcool et le tabac, même régime: une politique de santé publique et de prévention, notamment vis-à-vis des plus jeunes».

«Je sais que ce n'est pas la position du gouvernement mais là, je suis la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts et je dis quelle est notre position», a-t-elle souligné.

Selon elle, la position d'EELV «est très pragmatique, elle est très posée, elle est très responsable». «Ce n'est pas du tout une position d'incitation, c'est une position qui vise justement à supprimer ce trafic et à considérer aussi qu'en France, les jeunes fument davantage de cannabis qu'au Pays-Bas par exemple parce qu'on ne peut pas avoir de politique de prévention.»

L'UMP réagit

Lors du premier débat des primaires socialistes mi-septembre, Manuel Valls s'était dit «fermement opposé, au nom même des valeurs de gauche (...), à toute concession» dans la lutte contre le cannabis. Durant la campagne, François Hollande avait expliqué qu'il ne «reprendrait pas» la proposition de son conseiller sécurité, François Rebsamen, visant à ne plus faire de la consommation de cannabis un délit, mais de la punir d'une contravention. Le futur président avait expliqué ne pas vouloir «donner le moindre signal de renoncement à une dissuasion par rapport à cette consommation de cannabis».

Rappelant l'hostilité de Manuel Valls à la dépénalisation du cannabis, Bruno Beschizza, en charge des questions de sécurité à l'UMP, a dénoncé une «cacophonie« et exigé «une clarification sur la doctrine» du gouvernement sur ce sujet. «Si Jean-Marc Ayrault ne tranche pas pour mettre fin à ces ambiguïtés, ce sera alors une véritable imposture pour nos compatriotes qui avaient entendu le candidat François Hollande s'engager contre la dépénalisation du cannabis», a-t-il ajouté.