Jean-Marc Ayrault à Nantes le 25 mai 2012.
Jean-Marc Ayrault à Nantes le 25 mai 2012. - DESSONS ERIC/JDD/SIPA

M.P. avec Reuters

Revue d’actualité pour Jean-Marc Ayrault, qui rentre peu à peu dans son costume de Premier ministre. Premier sujet: l’actualité économique et la multiplication des entreprises en difficulté. Il y a actuellement «environ trente-six» entreprises «en danger», a-t-il précisé ce vendredi matin sur BFMTV/RMC. La liste a été établie avec Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif. «Nous avons mis en place un outil (...) pour suivre chaque situation (...) avec une cellule qui ne fait que ça au ministère du Redressement productif et de l'Industrie», a ajouté l’ex-maire de Nantes. Le chef du gouvernement a précisé que, localement, chaque préfet désignerait une personne chargée de trouver des solutions sur le terrain. Arnaud Montebourg a estimé jeudi qu’environ 45.000 emplois étaient menacés.

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Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé que la réforme des retraites de François Hollande sera au menu du prochain conseil des ministres, puisqu’elle sera passée par décret. Le texte prévoit que les salariés ayant commencé à travailler tôt et ayant cotisé 41 annuités pourront partir à la retraite à 60 ans. «Le cap sera tenu», a insisté le Premier ministre, soulignant que les premières mesures du gouvernement étaient «des mesures de justice». Cette réforme pourrait être élargie malgré les réticences de la Commission européenne.

Les congés parentaux ne seront pas pris en compte dans le calcul des trimestres comptant pour la pension, a précisé Jean-Marc Ayrault. Le gouvernement devra en revanche déterminer si les périodes de service militaire, d'arrêt maladie, de chômage et de congé maternité sont prises en compte. «En tout état de cause, nous avons fixé un plafond, parce qu'il ne s'agit pas de dégrader les comptes publics», a précisé Jean-Marc Ayrault.   

Coup de pouce «mesuré» pour le Smic

Pas de grande promesse non plus sur le Smic, puisque le coup de pouce sera «mesuré», a-t-il prévenu. «Nous n'avons pas encore fixé le montant», a-t-il ajouté, indiquant tout de même que cette augmentation serait inférieure à 5%. «Il faut faire attention à la situation de nos entreprises (...) On prendra une mesure qui sera une mesure juste et mesurée», a-t-il dit, alors que les partenaires sociaux doivent prendre part à des négociations lors d’une conférence sociale en juillet.

Enfin, toujours dans la modération, Jean-Marc Ayrault a assuré qu’il n’y aurait pas de «big bang fiscal», alors que la réforme de la fiscalité est présentée comme la pierre angulaire du projet de François Hollande. «Ce que nous allons faire, (...) c'est la progressivité de l'impôt», a-t-il dit. Les impôts «augmenteront pour les plus riches», a-t-il redit, précisant par ailleurs que les niches fiscales seront plafonnées à 10.000 euros.

Et le quotient familial, qui consiste à diviser les revenus familiaux par des parts attribuées par enfant, sera plafonné à six fois le Smic. Jean-Marc Ayrault a également confirmé le doublement du plafond des dépôts sur les livret A et de développement durable. Quant aux heures supplémentaires défiscalisées, une mesure de Nicolas Sarkozy, il a précisé qu’elles seraient maintenues seulement pour les très petites entreprises, sans en préciser la taille.