Pour les législatives, Fillon et Copé mettent en sourdine leur rivalité

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Publié le 27 mai 2012.

PARIS - Après des déclarations fracassantes, les rivaux de l'UMP Jean-François Copé et François Fillon se sont appliqués samedi à mettre en sourdine leur rivalité, conscients de l'impact négatif d'une guerre des chefs sur l'électorat de droite, à quinze jours des législatives.

"Unité et rassemblement": inlassablement, tous les chefs de file de l'UMP ont martelé samedi, lors d'un séminaire sur les législatives devant quelque 500 cadres et candidats, leur volonté de voir leur famille éviter de se déchirer à la veille d'une échéance déterminante pour son avenir.

Les déclarations de François Fillon, expliquant cette semaine dans une interview qu'il n'y avait "plus de leader naturel" à l'UMP "depuis le départ de Nicolas Sarkozy", avaient mis le feu aux poudres parmi les dirigeants et les candidats de l'ex-parti présidentiel.

A l'UMP, on a souligné que ces propos avaient également soulevé une vague de protestations parmi les militants et les électeurs par mail et courrier. Mais on a aussi indiqué que ces reproches visaient l'ensemble de la direction du parti: "Qu'est-ce-que vous faites à Paris? Arrêtez de déconner."

"L'objet de ce séminaire, c'est de montrer que l'on avance dans le bon ordre, qu'on est tous sur la même ligne, que l'on va passer maintenant dans la phase active des législatives en mettant le paquet dans les semaines qui viennent", a résumé Jean-François Copé, avant l'ouverture des débats.

Exercice pratique, le patron de l'UMP a commencé dans son discours par calmer le jeu vis-à-vis de son rival.

"François Fillon a parfaitement raison sur le leadership, c'est une évidence. Personne ne comprendrait que l'un d'entre nous revendique je ne sais quel grade supérieur aux autres. Cela n'a aucun sens. Nous sommes les uns et les autres dans cette collégialité", a-t-il expliqué, en renvoyant au congrès le soin de trancher entre les ambitions.

"2017 sera en 2017"

Le patron de l'UMP a dans le même temps rendu un vibrant hommage à l'action de Nicolas Sarkozy, dont il s'est dit prêt à défendre "le bilan, l'action et la personne", se positionnant ainsi comme son héritier.

Il a appelé le parti à être rassemblé, vigilant vis-à-vis de la gauche, et constructif sur son projet. Il a souhaité "une mise à jour idéologique" de la ligne de l'UMP pour permettre au spectre le plus large, des centristes jusqu'à la droite populaire, de s'exprimer.

Il a enfin voulu activer le recrutement de nouveaux candidats dans la perspective de 2014 (élections municipales et territoriales).

Scrutée par des dizaines de journalistes, l'arrivée de François Fillon dans la salle du séminaire a été chaleureusement applaudie par les cadres du parti. L'ancien Premier ministre s'est assis au premier rang, à côté de Jean-François Copé. Les deux hommes, sourire figé devant les photographes, n'ont pas échangé un regard. A leur côté se trouvaient notamment les anciens Premiers ministres Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin.

A la tribune, François Fillon n'a pas dit un mot sur la polémique qui agite le parti. "Je m'engage avec vous comme un militant parmi les militants", a-t-il expliqué, avant de prononcer un discours très politique, où il s'en est pris notamment à François Hollande.

Alain Juppé a pour sa part exhorté ses amis "à ne pas se tromper de calendrier". "2017 sera en 2017 et il faudra organiser des primaires ouvertes pour désigner notre candidat. Avant, il y a octobre 2012 (date du congrès du parti, ndlr) et il y aura une compétition, mais l'objectif du congrès sera de préparer l'unité dans la diversité", a-t-il prévenu.

Le maire de Bordeaux s'est abstenu de répondre à un cadre du parti qui avait proposé, pour résoudre la crise de leadership du mouvement, la candidature d'un "sage, droit dans ses bottes et qui est le meilleur d'entre nous".

© 2012 AFP
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