Jean-François Copé et François Fillon, le 15 avril 2012, avant le meeting de Nicolas Sarkozy sur la place de la Concorde, à Paris.
Jean-François Copé et François Fillon, le 15 avril 2012, avant le meeting de Nicolas Sarkozy sur la place de la Concorde, à Paris. - ALFRED/SIPA

Nicolas Bégasse

Jean-François Copé a bien essayé de calmer le jeu jeudi soir en affirmant que la question du leadership du parti se poserait «en septembre, pas maintenant», sa rivalité avec François Fillon pour la prise de contrôle de l’UMP continue de faire des vagues ce vendredi.

Rappel des faits: dans une interview parue vendredi au Figaro Magazine mais dévoilée dès mercredi, François Fillon estime que, «depuis le départ de Nicolas Sarkozy, il n'y a plus, à l'UMP, de leader naturel». Un missile porté contre son rival, Jean-François Copé, actuellement secrétaire général du parti. Celui-ci avait répondu en invitant «tous [s]es amis, toutes générations confondues […] à suivre ce chemin de la sagesse qui consiste à ne se mobiliser que pour les élections législatives».

«Combat de coqs» et «chamailleries»

A droite, les commentaires n’ont pas été tendres jeudi et vendredi, avec tout d’abord Michèle Alliot-Marie qui a dénoncé «ce qui ressemble à des chamailleries de gamins dans une cour d'école». Dans le même registre, Rama Yade a fait encore plus fort ce vendredi: «Ce combat de coqs manque singulièrement de dignité. Les électeurs de l'UMP méritent mieux. Ce n'est pas le temps de s'écharper de manière aussi sanglante devant les caméras en pleine élection législative», a souligné la vice-présidente du Parti radical. Rachida Dati quant à elle en a profité pour renouveler ses attaques contre François Fillon, dont les propos «démobilisent notre électorat mais aussi nos militants et nos sympathisants qui sont exaspérés par ceux qui persistent à diviser, simplement pour leur intérêt personnel.»


Dati sur BFMTV : Fillon a un comportement... par BFMTV

Plus diplomate, Alain Juppé a renvoyé dos à dos Copé et Fillon, en espérant que les propos de François Fillon n’étaient que des «paroles malencontreuses» et en insistant: «Nous sommes engagés dans une bataille législative qui peut nous conduire à la victoire, la condition de cette victoire c'est bien sûr d'être rassemblés.» Mais le maire de Bordeaux est revenu sur la polémique ce vendredi en taclant les ambitieux: pour lui, «le futur président» de l'UMP «ne doit pas se présenter comme le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle de 2017», car «l'unité du parti n'y résisterait pas». Une manière d’avancer sa candidature en recours.

FN et PS ravis

Vendredi, d’autres têtes à droite ont tenté de calmer le jeu, à l’image de Pierre Charon, secrétaire national de l’UMP, pour qui «Nicolas Sarkozy a désigné Fillon pour être Premier ministre et Copé pour diriger le mouvement, donc il n’y a pas de guerre des chefs.» Ou comme Henri Guaino, qui a estimé que «tout ça c'est une affaire montée par les surinterprétations des journalistes», tout en affirmant que «tout le monde devrait prendre sur lui et ne pas s'énerver à tout bout de champ.»

Les autres partis, eux, ne se plaignent pas de ces déchirements au sein de l’UMP. Jeudi, Jean-Marie Le Pen a affirmé que «la bataille entre Copé, Fillon et quelques autres nous distraira», en désignant «des règlements de compte qui peuvent être tout à fait profitables au Front national». Côté PS, Harlem Désir n’a pas non plus boudé son plaisir: «Ils sont déjà dans une espèce de primaire sauvage pour 2017», a-t-il raillé, en ajoutant: «Ils prétendent imposer une cohabitation à la tête de l'Etat et ils ne sont même pas capables de supporter leur propre cohabitation au sein de l'UMP