Gouvernement: Aubry fait les frais d'une délicate alchimie, les proches de Hollande inquiets

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Publié le 16 mai 2012.

PARIS - La patronne du PS Martine Aubry est la première à faire les frais de la délicate alchimie que représente, pour François Hollande et son Premier ministre Jean-Marc Ayrault, la constitution du nouveau gouvernement, où les "hollandais" historiques pourraient être réduits à la portion congrue.

Depuis plusieurs semaines, Martine Aubry, qui fut numéro deux du gouvernement Jospin (1997-2002) était citée comme M. Ayrault pour devenir Premier ministre. La nomination du député-maire de Nantes a relancé mardi les spéculations sur un super-poste ministériel qui pourrait lui incomber, coiffant Education, Jeunesse et Culture.

Las... La maire de Lille a décidé d'anticiper l'annonce de l'équipe Ayrault en confirmant mercredi matin les informations du Monde.fr et déclarant à l'AFP: "Dans cette configuration, on est convenu, en bonne entente, que ça n'avait pas de sens que je sois au gouvernement".

Elle a cependant assuré qu'elle ferait "la campagne des législatives. Nous sommes convenus tous les trois que, dans ces circonstances, l'endroit où je suis le plus utile, est d'être à la tête du Parti socialiste, pour être auprès de Jean-Marc Ayrault, chef de la majorité. Je conduis la campagne pour les socialistes", a-t-elle poursuivi.

Publiquement, à plusieurs reprises, François Hollande avait toutefois affirmé que son Premier ministre serait chargé de conduire la bataille des législatives.

Cependant, le Meccano géant du gouvernement continue. Et les victimes pourraient être les fidèles hollandais. "Encore un petit effort, et il n'y aura plus au gouvernement un hollandais historique...", confiait un proche à l'AFP, relatant sa conversation avec un autre intime du président.

De fait, François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon chargé de la sécurité dans la campagne, a préféré prendre les devants et assurer: "j'ai choisi le Sénat et Dijon". Stéphane Le Foll, député européen, Monsieur organisation de la campagne Hollande, devrait être écarté du poste de l'Agriculture, André Vallini, sénateur de l'Isère ne devrait pas avoir la place Vendôme. Et même le chef de cabinet Faouzi Lamdaoui pourrait ne pas être investi pour les législatives dans la Somme.

"C'est toujours pareil, le premier sacrifice est demandé aux siens", déplorait un ténor du parti.

A l'approche de l'annonce du gouvernement, attendue en fin d'après-midi, les rumeurs continuaient d'aller bon train. "Avec un type comme François Hollande qui est très secret, c'est l'écho qui répond à l'écho!", ironisait un socialiste.

Les plus sûrs d'obtenir un portefeuille sont Manuel Valls à l'Intérieur et Marisol Touraine aux Affaires sociales.

Laurent Fabius, ex-Premier ministre et partisan du non lors du référendum de 2005 sur l'Europe, devrait finalement obtenir le Quai d'Orsay, une nomination qui fait déjà grincer des dents. "Entre les fidèles et le traître, François a choisi le traître", lance perfidement un hollandais, en allusion à la vieille inimitié opposant jadis les deux hommes, depuis réconciliés.

Vincent Peillon devrait être nommé à l'Education, Arnaud Montebourg hériter d'un grand ministère regroupant production, énergie et industrie. La patronne d'EELV Cécile Duflot pourrait également rentrer au gouvernement.

Pierre Moscovici, ex directeur de campagne devrait avoir Bercy, du coup le député Michel Sapin, autre fidèle pourrait hériter d'un ministère délégué.

Par ailleurs, observe un autre ténor, "c'était évident qu'à partir du moment où on instaurait la parité, il y aurait de la casse", affirme-t-il, alors que pendant la campagne lors des réunions du Conseil politique il y avait "4/5èmes de mecs".

Najat Vallaud-Belkacem, les députées Delphine Batho, Aurélie Filippetti, Marylise Lebranchu ainsi que Christiane Taubira (ex-PRG, ex-candidate à l'élection présidentielle), Fleur Pellerin, Nicole Bricq, Dominique Bertinotti, Geneviève Fioraso sont parmi les noms cités.

"Bientôt une belle équipe de France pour gagner les législatives et donner une majorité au Président", tweetait Bruno Le Roux, qui pourrait succéder à M. Ayrault à la tête du groupe socialiste à l'Assemblée.

© 2012 AFP
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