La France rejette la déclaration d'indépendance du Nord-Mali proclamée par un groupe touareg, estimant qu'il n'est pas question de remettre en cause la souveraineté du Mali, a déclaré vendredi le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé.
La France rejette la déclaration d'indépendance du Nord-Mali proclamée par un groupe touareg, estimant qu'il n'est pas question de remettre en cause la souveraineté du Mali, a déclaré vendredi le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé. - Regis Duvignau afp.com

© 2012 AFP

La France rejette la déclaration d'indépendance du Nord-Mali proclamée par un groupe touareg, estimant qu'il n'est pas question de remettre en cause la souveraineté du Mali, a déclaré vendredi le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé.

"Nous ne pouvons pas accepter la déclaration unilatérale d'indépendance qui a été faite par l'un des mouvements qui anime aujourd'hui ce qui se passe dans le Nord du Mali, le MNLA", a expliqué M. Juppé lors d'une conférence de presse.

"La France est attachée à l'intégrité territoriale du Mali, il n'est pas question de remettre en cause la souveraineté de ce pays", a-t-il ajouté.

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) a proclamé vendredi l'indépendance du territoire de "l'Azawad", dans le Nord du Mali, consacrant la division du pays entre une partie Sud, contrôlée par des militaires putschistes isolés et impuissants, et une moitié Nord en proie à l'anarchie.

Cette déclaration a suscité les critiques de la communauté internationale.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Bernard Valero avait auparavant appelé le MNLA à "inscrire son action dans le cadre d'un dialogue politique respectueux de l'ordre constitutionnel malien et de l'unité du pays".

"Nous considérons que la déclaration unilatérale d'+indépendance de l'Azawad+ est nulle et non avenue", a dit Bernard Valero.

Alain Juppé a rappelé qu'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) représentait actuellement un "péril extrêmement grave" puisque son objectif "n'est pas de régler les problème du nord du Mali (mais) d'instaurer un Etat islamiste et jihadiste sur l'ensemble du Mali".

Il a aussi reconnu que "le problème de l'Aqmi s'est aggravé à la suite de ce qui s'est passé en Libye", car "il est exact que des hommes et des armes son arrivés au Sahel et cela concerne toute la région".

Selon M. Juppé, "la question touareg ne peut être réglée que dans le cadre d'un dialogue avec les autorités de Bamako".

Profitant du putsch à Bamako contre le président Amani Toumani Touré le 22 mars, les rebelles touareg et des groupes islamistes ont pris en fin de semaine le contrôle des trois métropoles du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou.

Les islamistes d'Ansar Dine, dirigé par le Touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d'Aqmi ont depuis lors pris le dessus à Tombouctou sur la composante laïque et indépendantiste de la rébellion touareg, incarnée par le MNLA.

"Nous condamnons fermement les violences et les pillages perpétrés par les milices d'Aqmi et d'Ansar Dine", a déclaré Bernard Valero. "Nous condamnons également les enlèvements de personnels diplomatiques et consulaires algériens", a-t-il ajouté, en référence au rapt la veille du consul d'Algérie à Gao, au nord-est du Mali et de six membres de sa mission.

Le porte-parole a aussi réitéré un appel au chef de la junte malienne, le capitaine Amadou Sanogo, "à remettre au plus vite le pouvoir à des autorités civiles dans le respect de la Constitution, afin que la Cédéao et l'ensemble de la communauté internationale puissent aider le Mali à revenir à l'ordre constitutionnel normal et à lutter contre les différents groupes terroristes présents dans le Nord".