PARIS - Nouveau Centre: les ténors du parti veulent tourner la page Morin

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Publié le 22 février 2012.

PARIS - Après le ralliement de Hervé Morin à Nicolas Sarkozy, les ténors du Nouveau centre, dont les ministres François Sauvadet et Maurice Leroy, ne défendront pas de motion au congrès de leur parti samedi, qu'ils jugent inutile, mais envisagent de contester "la gouvernance" du parti.

"Jusqu'au milieu de la semaine dernière, nous préparions une motion (...) mais, après l'annonce par Hervé Morin de son retrait et son soutien immédiat à Nicolas Sarkozy, nous avons décidé de ne pas la déposer", expliquent dans un courrier aux militants les ministres François Sauvadet, Maurice Leroy, Jean-Christophe Lagarde, numéro 2 du parti, André Santini, vice-président et le député Hervé de Charette.

Les cinq hommes, opposés à la candidature d'Hervé Morin qu'ils jugeaient sans issue, s'étaient prononcés pour Nicolas Sarkozy et appelaient à l'ouverture immédiate de négociations avec l'UMP en vue d'un accord pour les législatives. "Notre objectif, c'est que la famille centriste obtienne un groupe parlementaire de 60 à 70 députés", a dit mercredi François Sauvadet.

Dans leur courrier, les cadres du NC regrettent que le congrès de samedi qui vise à définir la ligne du parti pour les prochaines échéances électorales, n'ait pas eu lieu "à l'automne", comme prévu.

"Vous connaissez la suite. L'audience anecdotique de cette +campagne+ nous a fait assimiler à un score marginal, ne pouvant résumer un parti comme le nôtre qui compte une quarantaine de parlementaires et des milliers d'élus locaux. Cette marginalisation a ouvert la porte à la raillerie" et "a débouché sur l'impossibilité de réunir" les 500 signatures nécessaires pour concourir à l'Elysée, résument ministres et députés centristes, en faisant porter tout le poids de cet échec à Hervé Morin.

"Aujourd'hui, à quoi sert un vote du congrès? Nous a-t-on demandé notre avis pour déclarer une candidature ou pour le retrait de candidature?", demandent-ils en appelant à "tourner la page de cet épisode malheureux" pour engager "une négociation avec l'UMP en vue d'un véritable contrat de majorité".

"Nous devons éviter ce qui peut nous affaiblir, voire pire offrir une tribune à nos concurrents". Mais, "en responsabilité, nous pensons que c'est une fois les élections passées que devra s'ouvir le débat sur la gouvernance de notre mouvement", expliquent les cadres centristes en mettant ainsi en cause le maintien d'Hervé Morin à la tête du parti.

"Oui, la question de la gouvernance du NC sera posée à l'automne (prochain congrès)", a insisté devant des journalistes François Sauvadet, jugeant choquant qu'Hervé Morin ose aujourd'hui prétendre que le parti a pu "exister" durant la campagne grâce "au don" qu'il aurait fait "de (sa) personne".

© 2012 AFP
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