La perte du triple A infligée à la France par l'agence Standard and Poor's (S&P) pèsera lourd sur la présidentielle, assurent les éditorialistes samedi et si "le coup est rude", au premier chef pour Nicolas Sarkozy, le "séisme" ébranle tous les prétendants à l'Elysée.
La perte du triple A infligée à la France par l'agence Standard and Poor's (S&P) pèsera lourd sur la présidentielle, assurent les éditorialistes samedi et si "le coup est rude", au premier chef pour Nicolas Sarkozy, le "séisme" ébranle tous les prétendants à l'Elysée. - Philippe Wojazer afp.com

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La perte du triple A infligée à la France par l'agence Standard and Poor's (S&P) pèsera lourd sur la présidentielle, assurent les éditorialistes samedi et si «le coup est rude», au premier chef pour Nicolas Sarkozy, le «séisme» ébranle tous les prétendants à l'Elysée.

«L’exorbitant pouvoir des agences de notation»

«L’exorbitant pouvoir des agences de notation s’est encore une fois dévoilé dans sa puissance intacte», se désole Nicolas Demorand dans Libération. Le directeur du quotidien de gauche dénonce un «pouvoir de notation, symbolique, fondé sur du vent, tiré de nulle part, ne procédant d’aucune légitimité» et qui «va désormais exercer son emprise de plomb».

Si personne ne feint la surprise, tant «le monde économique tout entier estimait déjà que la France était fragilisée», relève Olivier Pirot de La Nouvelle République du Centre-Ouest, «pour autant, sortir la France du club très fermé du triple A fait sauter un verrou symbolique».

A cent jours du premier tour de la présidentielle, les conséquences ne seront pas anodines. Pour Matthieu Verrier de La Voix du Nord, «dans la mare politique, ce pavé, lancé par Standard and Poor's, ne cessera pas de provoquer des remous».

Et, pour la plupart des analystes, c'est tout l'édifice qui vacille.

«Désaveu de taille pour Nicolas Sarkozy»

Certains, comme Jean-Claude Souléry dans La Dépêche du Midi, pointent d'abord le «désaveu de taille pour Nicolas Sarkozy». «C'est son image même qui subit une dégradation conjointement à celle de la note de la France», estime Philippe Waucampt dans les colonnes du Républicain lorrain.

Le chef de l'Etat, pas encore candidat, «perd d'un seul coup le statut de protecteur dont il comptait se servir de viatique pour sa réélection», constate Dominique Garraud dans La Charente libre. «C'est une bonne partie de sa stratégie préélectorale qui se trouve remise en cause», ajoute Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées.

Car «dans la course présidentielle cela revient à concourir avec du plomb dans les poches», explique joliment Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne.

Donc «le coup est rude pour Nicolas Sarkozy» mais «tout aspirant sérieux à l’Élysée serait, lui aussi, soumis au double défi : déficit et croissance, sur fond de récession», insiste Xavier Panon (La Montagne), résumant un sentiment général chez ses confrères.

«La sanction menace en réalité tous les candidats. Tous seront notés par les marchés et par les Français sur leur crédibilité et leurs idées», assure Le Progrès de Lyon, sous la plume de Pascal Jalabert.

«Les socialistes ont beau jubiler, ils sont concernés au premier chef»

«Les socialistes ont beau jubiler, ils sont concernés au premier chef», avertit Gaëtan de Capèle dans Le Figaro. «Contrairement à ce qu’ils affirment, il n’existe pas d’alternative à la politique suivie par le gouvernement», soutient l'éditorialiste du quotidien de droite.

«Nous payons en fait des années de dérive», explique plus prudemment Jacques Camus de La République du Centre. Patrick Fluckiger ajoute dans L'Alsace que «la perte du triple A français sanctionne trente-sept ans de budgets en déficit» et «le RPR, l'UDF, le PS, l'UMP, ont creusé le trou à tour de rôle».

Le «séisme» déclenché par S&P «sanctionne trente ans de gabegie, de mensonges budgétaires, de démagogie», renchérit Rémi Godeau dans L'Est républicain.

«Nicolas Sarkozy, à peine convalescent dans les sondages, se retrouve à nouveau affaibli» mais «François Hollande doit lui aussi réviser son programme, s’il veut rester crédible», conclut François Martin dans le Midi libre.