PARIS - Voies sur berges: Fillon porte un coup au projet de Delanoë

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Publié le 13 janvier 2012.

PARIS - François Fillon a porté jeudi un coup au projet de réaménagement des berges du maire (PS) de Paris Bertrand Delanoë en affirmant que l'Etat, propriétaire du site rive gauche, ne pouvait apporter sa caution "dans l'immédiat", du fait de "manquements" et "défauts".

M. Delanoë a aussitôt dénoncé "un diktat du gouvernement", "inacceptable dans sa méthode, son contenu et son principe". Le Premier ministre, candidat aux législatives en juin à Paris, "pose ici un acte partisan", a-t-il estimé.

Le projet de l'Hôtel de ville prévoyait de rendre aux piétons 2,5 km de quais sur la rive gauche de la Seine, entre le pont Royal et celui de l'Alma, à partir de la mi-2012. Mais il est critiqué par l'opposition de droite, qui craint en particulier son impact sur la circulation. Et le site appartient, en l'espèce, à l'Etat via le Port autonome de Paris.

"Dans l'immédiat, je vous informe que l'Etat n'entend pas signer de convention avec la ville de Paris, ou prendre toute décision relative aux travaux préparatoires prévisionnels", écrit François Fillon dans un courrier au maire de Paris, dont l'AFP a obtenu une copie.

"La position de l'Etat ne consiste nullement à s'opposer de façon définitive aux projets de la ville mais à s'assurer de leur maturité effective" et, "en l'état (...), il ne me paraît pas possible que l'Etat accepte de passer sous silence les manquements et les défauts du projet d'aménagement", dit-il.

Pour motiver cette décision, M. Fillon se réfère tout particulièrement aux "réserves" émises par la commission d'enquête ayant rendu en octobre dernier un avis favorable.

L'une d'elles est "relative à la réversibilité des aménagements et l'autre (à) la nécessité de préserver l'activité portuaire", fait-t-il valoir.

Selon le chef du gouvernement, "s'il n'appartient pas à l'autorité publique de discuter de l'avis rendu par la commission", la "teneur" de certaines observations "interpelle".

S'agissant de la circulation automobile, "je souhaite que l'Etat puisse disposer d'une étude de la ville, précise et indiscutable, relative aux reports (...) envisageables", indique M. Fillon, qui évoque aussi les éventuelles "nuisances" liées à l'aménagement des rives.

"Je tiens particulièrement à ce qu'elles puissent être anticipées, ce qui suppose de connaître la nature des aménagements", dit-il, après avoir signalé le classement des quais "au patrimoine mondial de l'humanité".

"Naturellement, il ne s'agit pas de renoncer une fois pour toutes à donner un caractère piétonnier aux berges", signale-t-il encore.

Mais "l'Etat, qui a la propriété des berges et la responsabilité des règles de circulation sur les axes structurants, doit assumer sa responsabilité", argue François Fillon.

Président du groupe UMP au Conseil de Paris, Jean-François Lamour, par ailleurs chaud partisan d'une candidature Fillon pour les municipales de 2014 à Paris, s'est immédiatement réjoui de la décision.

Le maire du VIIe arrondissement Rachida Dati s'est aussi "félicité" de cette "suspension" qui "conduira au réexamen de ce projet dans le cadre plus adapté du Grand Paris".

Denis Baupin, adjoint au maire EELV chargé de l'environnement, a déploré "un réflexe jacobin et technocratique". Quant au maire de la capitale, il a estimé que le Premier ministre "feignait d'ignorer" que "l'ensemble des réserves et recommandations" du commissaire enquêteur sur ce projet "ont été prises en compte par la Ville".

Bertrand Delanoë reproche aussi à M. Fillon de demander une étude sur les reports de circulation "alors que celle-ci a été fournie à l'Etat en octobre 2010" et "validée par les services du ministère de l'Equipement en juin 2011".

© 2012 AFP
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