Le ministre de la Santé Xavier Bertrand a souhaité samedi, sur Europe 1, que le fabricant des prothèses mammaires PIP, suspectées de contenir un gel dangereux pour la santé, «soit retrouvé et réponde de ses actes» comme «celles et ceux qui ont eu un intérêt dans cette société».
«Derrière, il y a une sombre affaire de gros sous», a déclaré Xavier Bertrand, interrogé sur la «colère» des femmes concernées par la fraude sanitaire et les procédures judiciaires possibles. «En ne mettant pas le produit prévu, ils ont cherché à se faire de l'argent, c'est la pire des choses, sur la santé des femmes (...) Il est évident qu'il faut le retrouver lui et celles et ceux qui ont eu un intérêt dans cette société. Il faut qu'ils répondent de leurs actes», a ajouté le ministre.
Fondée en 1991 à la Seyne-sur-Mer (Var), la société de fabrication d'implants mammaires PIP, liquidée depuis mars 2010, a occupé pendant un temps le rang de numéro trois mondial du secteur, fournissant quelque 100.000 prothèses par an, essentiellement à l'étranger. Une partie des implants PIP ont été remplis d'un gel de silicone non médical «irritant» qui entraîne un risque accru de rupture de la prothèse, «le seul risque avéré», selon le ministre qui a parlé d'un «taux de 5%» (de rupture).
Interrogé sur des procédures qui pourraient concerner des «cliniques» et des «chirurgiens», le ministre a mis en garde contre la dangereuse «tentation d'une théorie du complot». «La première réponse est sanitaire, ensuite il y a une réponse judiciaire», a-t-il ajouté.
Concernant une demande de la Colombie que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) «se penche de toute urgence sur l'affaire», Xavier Bertrand a souligné que la France travaillait déjà «en toute transparence avec ses homologues européens» et «en lien avec l'OMS», estimant que la position de Paris, allait «certainement amener d'autres pays à s'aligner sur les conditions de prise en charge» du retrait des prothèses incriminées.
A ce sujet, Xavier Bertrand a rappelé qu'après l'explantation, seules seraient remboursées les nouvelles prothèses des femmes concernées par des raisons médicales, pas esthétiques. Le gouvernement a recommandé, vendredi, «à titre préventif et sans caractère d'urgence» le retrait des prothèses PIP portées par quelque 30.000 femmes en France.