Un petit volet de l'affaire Karachi se clôt. Le parquet de Paris a classé sans suite ce jeudi l'enquête préliminaire pour violation du secret professionnel ouverte après la révélation d'une conversation téléphonique entre Brice Hortefeux et Thierry Gaubert dans le volet financier de l'affaire Karachi, a-t-on appris de source judiciaire.
L'infraction n'a pu être caractérisée car l'enquête n'a pas mis au jour d'élément contredisant les explications de Brice Hortefeux, a-t-on précisé. L'ancien ministre de l'Intérieur avait assuré avoir eu seulement connaissance d'informations de presse sur cette enquête.
Dans cette conversation du 14 septembre, l'ancien ministre prévenait Thierry Gaubert que son épouse «balance beaucoup» aux enquêteurs sur son rôle présumé dans un éventuel financement illégal de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. Selon le témoignage d'Hélène de Yougoslavie, son mari se serait rendu à plusieurs reprises à l'étranger pour y rapporter des sacoches pleines d'argent liquide.
A ce moment là, «des rumeurs de presse, et plus exactement, un site internet [Mediapart, le 13 septembre], évoquent un témoin qui accable Thierry Gaubert», avait expliqué Brice Hortefeux fin septembre.
Le site Mediapart avait évoqué un tel témoignage le 13 septembre mais sans mentionner qu'il s'agissait de celui d'Hélène de Yougoslavie. «Je connais bien la famille, je sais qu'ils étaient en train de divorcer et j'ai eu une première intuition» sur l'identité de ce témoin, avait dit Brice Hortefeux.
Parallèlement, les juges chargés du volet financier de l'affaire Karachi enquêtent sur une éventuelle subornation de témoin, en l'occurrence d'Hélène de Yougoslavie par son époux.
Le parquet a communiqué le 16 décembre au juge Roger Le Loire les auditions de Brice Hortefeux réalisées par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) dans le cadre de l'enquête préliminaire, les policiers ayant alors achevé leurs investigations, a-t-on indiqué de source judiciaire. Brice Hortefeux a été entendu lundi par le juge.
L'avocat d'Hélène de Yougoslavie s'était insurgé récemment contre le refus du parquet de communiquer ces auditions au juge. Le parquet avait expliqué qu'il ne pouvait le faire tant que l'enquête n'était pas achevée.