BONDY (Seine-Saint-Denis) - François Hollande, candidat PS à la présidentielle, a déclaré jeudi que "la justice" était "passée" après la condamnation de Jacques Chirac dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris, mais a exprimé aussi "une pensée pour l'homme".
"La justice est passée et elle devait passer, pour que ne s'installe pas un sentiment d'impunité", a-t-il déclaré à Bondy (Seine-Saint-Denis) en marge d'une visite sur le thème de la formation des enseignants.
Le député de Corrèze - qui fut aussi le département d'élection de l'ex-président de la République - a poursuivi : "elle est passée, mais avec tellement de retard par rapport aux faits qui ont été condamnés ! C'est-à-dire plus de quinze ans, ce qui renvoie à la question que, depuis plusieurs années, j'ai posée par rapport à la question du statut pénal du chef de l'Etat".
Le but, a-t-il dit, est que "soit évité à l'avenir qu'un ancien président de la République soit poursuivi bien au-delà des faits qui ont pu un moment être reprochés".
"Enfin, j'ai une pensée pour l'homme, Jacques Chirac, qui connaît en plus des ennuis de santé", a dit M. Hollande.
M. Chirac a fait l'objet d'un diagnostic d'anosognosie, maladie qui affecte les capacités mentales.
"Certes, la condamnation est sévère", a observé M. Hollande. "Elle est à la fois pénale et morale et elle touche l'homme. Donc j'ai une pensée pour lui, même si la justice devait passer">.
"Je ferai voter par le parlement cette réforme du statut pénal du chef de l'Etat qui évitera", a-t-il insisté, qu'il "faille attendre dix, quinze, vingt ans pour que le procès ait lieu sur des fait qui n'avaient rien à voir avec l'exercice de la fonction présidentielle".
Il s'agira de pouvoir juger des "actes détachables", c'est-à-dire commis avant l'entrée en fonction du chef de l'Etat.
En septembre, M. Hollande avait suggéré, à la veille de l'ouverture du procès Chirac, de mettre fin à l'immunité du président de la République avec une commission filtrant d'éventuelles plaintes abusives.