Les éditorialistes se félicitent jeudi de la chute annoncée de Silvio Berlusconi tout en déplorant le fait que ce soit les "bulldozers des marchés" et non des mécanismes démocratiques qui aient "eu la peau" du Premier ministre italien, discrédité par de nombreux scandales.
Les éditorialistes se félicitent jeudi de la chute annoncée de Silvio Berlusconi tout en déplorant le fait que ce soit les "bulldozers des marchés" et non des mécanismes démocratiques qui aient "eu la peau" du Premier ministre italien, discrédité par de nombreux scandales. - Filippo Monteforte afp.com

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Les éditorialistes se félicitent jeudi de la chute annoncée de Silvio Berlusconi tout en déplorant le fait que ce soit les «bulldozers des marchés» et non des mécanismes démocratiques qui aient «eu la peau» du Premier ministre italien, discrédité par de nombreux scandales.

«Pour sauver la zone euro, le mieux que puisse faire Silvio Berlusconi est de s’en aller. Le plus tôt sera le mieux», assène Pierre Rousselin dans Le Figaro. Selon l'éditorialiste du quotidien conservateur, "Il Cavaliere", qui détient le record de longévité de l'après-guerre en Italie avec 10 ans de pouvoir au total depuis 1994, était«"l’incarnation de la faillite d’une certaine élite européenne, aussi arriviste que nombriliste.»

La pression est sur Rome

«Où s’arrêtera le déluge d’une crise financière qui en, dix mois, a déjà emporté cinq chefs de gouvernement?», s'interroge Vincent Giret dans Libération, soulignant que «ce ne sont pas des foules de manifestants en colère, mais les agences de notation et les marchés financiers qui ont crié un retentissant "dégage!"».

«En somme les marchés ont réussi là où la gauche italienne a échoué. Silvio Berlusconi s'en va», renchérit Le Monde, estimant que les marchés «soumettent Rome à une terrible pression».

«Les marchés ont acculé Berlusconi à la démission. Faut-il s'en émouvoir?», se demande Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute-Marne. «Les bulldozers des marchés réaménagent les espaces économiques à leur convenance, au détriment des décideurs politiques», poursuit-il, estimant que leur «inexorable avancée (...) place au premier plan la question de la démocratie dans les pays développés.»

 

«Beaucoup regretteront, une fois de plus, que l’impérialisme des marchés soit plus fort que le jeu de la démocratie politique», résume Jacques Camus dans la République du Centre. «Cela dit, il ne se trouvera pas grand monde pour s’apitoyer sur le sort du Cavaliere.»

«Ce sont en définitive "les marchés qui ont eu sa peau"», s'inquiète Michel Lepinay dans Paris Normandie. Avant de rappeler: «évidemment les marchés n'existent pas...ce sont des hommes qui spéculent face à des écrans d'ordinateur, qui jouent à un Monopoly risqué mais juteux avec les dettes dites "souveraines", c'est-à-dire d'Etats qui ont fini par perdre peu à peu cette souveraineté...»