Au tour du pouvoir politique de prendre position dans le conflit social qui agite Air France. Au troisième jour du mouvement des personnels de cabine d’Air France, Thierry Mariani a jugé «irresponsable» cette grève, estimant que celle-ci allait se traduire par de «nouvelles pertes» financières pour la compagnie confrontée à une rude concurrence.
«Je trouve que cette grève est une bonne nouvelle pour les concurrents d'Air France», a ironisé le ministre des Transports sur RMC-BFMTV.
«Le ciel est plein de compagnies aériennes qui ont disparu», a ensuite déploré Thierry Mariani, évoquant notamment la défunte compagnie belge la Sabena. «On est dans un secteur en pleine concurrence avec de nouveaux acteurs (...) Air France doit s'adapter, Air France doit restaurer sa compétitivité», a-t-il plaidé. L'Etat est actionnaire à hauteur de 15%.
Dans ce contexte, cette grève de cinq jours est, selon Thierry Mariani, «un très mauvais service» pour la compagnie, car elle devrait se traduire par «encore de nouvelles pertes et surtout une très mauvaise image auprès des clients».
Déplorant une grève «préventive» la direction ayant, selon lui, «retiré les mesures qui faisaient le plus peur» aux salariés, le ministre s'en est pris à des syndicats qui ont encore «une culture archaïque».
Six syndicats d'hôtesses et stewards - dont deux représentatifs, l'Unsa (22%) et FO-SNPNC (21%) - ont appelé à la grève pour protester contre le projet de réduction du nombre de personnels de cabine dans certains avions.
Le premier syndicat des personnels de cabine, l'Unac (28%), ne s'est pas joint au mouvement.
La direction de la compagnie indiquait être en mesure de pouvoir assurer «au moins 85%» de ses vols ce lundi.