Karachi: Les familles des victimes dénoncent une «consigne» de Sarkozy au Parquet

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Les enquêteurs chargés de l'enquête sur le volet financier de l'attentat de Karachi sont à la recherche d'enregistrements clandestins qui auraient visé des personnalités ayant participé à la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995, a-t-on appris jeudi de source proche de l'enquête confirmant une information du Point.

Les enquêteurs chargés de l'enquête sur le volet financier de l'attentat de Karachi sont à la recherche d'enregistrements clandestins qui auraient visé des personnalités ayant participé à la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995, a-t-on appris jeudi de source proche de l'enquête confirmant une information du Point. — Michel Gangne afp.com

Le collectif des familles des victimes de l'attentat de Karachi a dénoncé vendredi après l'intervention de Nicolas Sarkozy sur l'enquête de Karachi «la consigne claire envoyée au Parquet» par le chef de l'Etat.

«Nous prenons bonne note de la consigne claire envoyée au Parquet» par le chef de l'Etat qui a affirmé, alors que l'enquête est en cours, qu'il «ne sortira rien» de la mise en cause de Nicolas Bazire.

Les familles des victimes de l'attentat, qui a fait 15 morts le 8 mai 2002 à Karachi, dont 11 salariés de la Direction des Construction Navales (DCN), «déplorent, une fois de plus, le mépris sans limite du chef de l'Etat non seulement à (leur) égard, mais aussi à l'égard du travail des juges d'instruction», écrivent-elles dans un communiqué.

«Comment peut-il ainsi évoquer "la douleur des familles", lui qui n'a finalement pas été capable de tenir une promesse aussi simple que celle de nous recevoir une fois par an?», interroge le collectif.

«Comment peut-il évoquer la "douleur des familles" alors même qu'un de ses conseillers nous a un jour rétorqué "Monsieur le Président en a assez qu'on l'importune avec des bobos personnels"?» poursuit-il.

«Nous ne souhaitons entrer dans cette polémique politicienne orchestrée par Nicolas Sarkozy et lui faisons simplement remarquer que les juges d'instruction en charge des différents volets de cette affaire font un travail remarquabl», conclut le collectif.

Directeur de cabinet et directeur de campagne d'Edouard Balladur, Nicolas Bazire a été mis en examen fin septembre dans le volet financier de l'enquête par les juges Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire. Les juges cherchent à savoir si des commissions, versées en marge de contrats d'armement conclus en 1994 avec le Pakistan (sous-marins Agosta) et l'Arabie saoudite (frégates Sawari II), n'ont pas donné lieu à des rétrocommisssions pour financer illégalement la campagne présidentielle d'Edouard Balladur.

Interrogé durant sa garde à vue, M. Bazire avait fait part de son «absence totale d'implication», dans la signature des contrats.