Affaire Bettencourt: Aucune décision prise contre Isabelle Prévost-Deprez

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Publié le 30 septembre 2011.

JUSTICE - La juge a été entendue ce vendredi matin par sa hiérarchie après ses propos mettant en cause Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt...

Elle reste dans l'attente. La juge Isabelle Prévost-Desprez a été entendue durant environ deux heures trente ce vendredi matin à Versailles par sa hiérarchie qui n'a «pris aucune décision» sur d'éventuelles poursuites disciplinaires à son encontre après ses propos mettant en cause Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt, selon son avocat. «Aucune décision n'a été prise et aucun délai pour la prise de décision n'a été indiqué», a déclaré à la presse l'avocat de la magistrate, Me Lev Forster.

Menace de sanctions disciplinaires

La juge Isabelle Prévost-Desprez, menacée de sanctions disciplinaires, comparaissait ce vendredi matin devant sa hiérarchie à Versailles pour répondre de griefs disciplinaires après ses propos mettant en cause Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt. La présidente de la 15e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre, qui estime ne pas avoir «porté atteinte à ses devoirs de magistrat», était accompagnée de son avocat, Me Lev Forster, et du président de l'Union syndicale des magistrats (USM), Christophe Régnard. Apparue souriante, la magistrate n'a fait aucune déclaration.

Elle est convoquée par le premier président de la cour d'appel de Versailles, qui pourrait engager des poursuites disciplinaires à son encontre après ses propos mettant en cause Nicolas Sarkozy et le parquet de Nanterre dirigé par Philippe Courroye dans le livre Sarko m'a tuer (Stock).

Dans ce livre, Isabelle Prévost-Desprez, un temps saisie du volet d'abus de faiblesse de l'affaire Bettencourt, fait état de deux témoins ayant parlé, hors procès verbal, de remises d'espèces à Nicolas Sarkozy par l'entourage de la milliardaire. L'un de ces témoins avait réfuté avoir tenu de tels propos. L'Elysée avait démenti de telles accusations. La juge a dit «contester» mardi dans un communiqué «les griefs de manquements au devoir de réserve, à l'obligation de prudence et aux devoirs d'impartialité et de délicatesse invoqués contre elle».

Pas de suite ou un avertissement

«Elle estime n'avoir en rien, au regard de la situation très particulière du TGI de Nanterre et des dysfonctionnements qu'elle a pu constater, porté atteinte à ses devoirs de magistrat», selon ce communiqué. A l'issue de cet entretien, le premier président de la cour d'appel de Versailles peut ne pas donner de suite ou bien infliger un avertissement à la magistrate. Il lui est aussi possible de saisir le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qui peut décider de sanctions plus lourdes. Enfin, il peut renvoyer le dossier à la Chancellerie, qui pourra diligenter une inspection judiciaire.

Après un premier rendez-vous manqué, Isabelle Prévost-Desprez avait été entendue le 20 septembre par un juge bordelais chargé de la tentaculaire affaire Bettencourt et notamment du volet de financement politique illégal. Dépaysé à Bordeaux fin 2010 en raison du conflit ouvert entre la magistrate et le procureur Courroye, la saga familiale Bettencourt avait viré à l'affaire politique quand l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, avait affirmé qu'il lui avait été demandé début 2007 de retirer 150.000 euros destinés à être remis à Eric Woerth, alors trésorier de l'UMP.

Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, a été pour sa part convoqué en vue d'une mise en examen par une juge parisienne dans un volet connexe de l'affaire Bettencourt portant sur la violation des sources du Monde.

B.D. avec Reuters
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