Le 1er octobre, ce sera un peu la rentrée des classes au Sénat pour l’élection du président de la Haute-Assemblée. Il y aura bien évidemment les petits nouveaux, qui se feront certainement discrets au moins au début et les caïds, qui traînent leurs guêtres sur les bans de l’hémicycle depuis des années. 20Minutes fait le point sur les nouveaux élus et les battus les plus marquants.
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Les réélus
Gérard Larcher a gagné les suffrages des grands électeurs dans les Yvelines. Tant mieux, une défaite du président du Sénat, qui brigue un nouveau mandat, aura fait mauvais genre. Robert Hue, dans le Val-d’Oise, est aussi réélu. Tout comme Valérie Létard, dans le Nord. Jean Arthuis, le président de l’Alliance centriste, a également été réélu en Mayenne. Catherine Tasca, a été réélue, dans les Yvelines. Serge Dassault, patron du Figaro et de Dassault, est aussi réélu dans l’Essonne. Il est le doyen de la Haute-Assemblée, à 86 ans. La petite histoire retiendra que c’est Serge Larcher, un homonyme du président du Sénat, qui aura fait basculer de manière certaine la majorité, tard dimanche soir. L’élu martiniquais a été réélu, apportant le 175e siège à la gauche, celui de la majorité absolue.
Les petits nouveaux
Ils vont découvrir les arcanes du Sénat dans les prochaines semaines et se frottent déjà les mains. Pierre Charon, le conseiller de Paris, sur une liste dissidente de celle de l’UMP, a été élu dans la capitale. Un pied de nez au parti présidentiel qui l’a exclu. Jean-Vincent Placé, le «Richelieu» des écologistes, conseiller politique de Cécile Duflot, est désormais M. le sénateur des Yvelines. Claude Dilain, le maire socialiste de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), a gagné sa place au profit d’un communiste. Chantal Jouanno a été élue à Paris et elle siègera au Sénat: elle a présenté sa démission à François Fillon, qui l'a acceptée. A noter aussi, l’élection d’un chiraquien pur sucre: Philippe Bas, l’ancien ministre de la Santé et ex-secrétaire général de l’Elysée, a été élu dans la Manche. Alain Richard, l’ex-ministre de la Défense de Jospin, a été réélu dans le Val-d’Oise.
Autre élu peut-être plus encombrant pour les socialistes: Christian Bourquin, dans les Pyrénées-Orientales. «Frêchiste» exclu du PS, finalement soutenu par le parti pour les sénatoriales, il a été condamné en appel en novembre 2010 pour «complicité de délit de faux» et «minoration de comptes de campagne». Il est par ailleurs mis en examen depuis 2008 pour une affaire de favoritisme.
Les battus
Pour eux, la vague rose au Sénat, ou les dissidences, ont été fatales. Isabelle Balkany, qui se présentait sur le liste de Roger Karoutchi dans les Hauts-de-Seine, a été battue. En cause: la dissidence de l’UMP (suspendu) Jacques Gautier. Maurice Leroy, le ministre de la Ville, a également été battu dans la Manche. Dur, pour un membre du gouvernement. Yves Jégo, ce proche de Borloo qui comptait se refaire une santé au Sénat, n’a pas réussi à convaincre les grands électeurs en Seine-et-Marne. Surprise pour François Goulard, l’ancien ministre de la Recherche, qui a été battu dans la Manche. Grosse surprise, cette fois, dans les Pyrénées-Orientales, où Jean-Paul Alduy, ancien maire UMP de Perpignan, a été battu. Sans trop de surprise, Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, n’a pas été élu à Paris.
Le cas particulier
C’est Paul Vergès qui est le protagoniste de la petite histoire de la soirée de dimanche. Candidat à La Réunion, celui qui avait été sénateur entre 1996 et 2001 était déjà élu dans un fauteuil avant même le scrutin et devait devenir le doyen de la Haute-Assemblée. Le président du parti communiste réunionnais (PCR) a bien été élu mais il est le seul de sa liste dans ce cas. Un camouflet pour l’homme fort de l’île, qui a préféré annoncer sa démission dans la foulée.