Qui pour la présidence du Sénat? Jean-Pierre Bel, le président du groupe socialiste au Sénat fait office de candidat naturel, après la victoire de la gauche dimanche soir. Il a d’ailleurs fait acte de candidature, formellement, ce lundi matin. Mais la droite est loin d’avoir renoncé. Gérard Larcher, l’actuel président, s’est porté candidat dès dimanche soir, alors même qu’il reconnaissait sa défaite.
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Dans les couloirs du Palais du Luxembourg, dimanche soir, les sénateurs UMP Roger Karoutchi et Jean-Claude Gaudin appelaient la gauche à éviter tout triomphalisme. Et envisageaient même une réélection de Gérard Larcher. Car si la gauche a obtenu la majorité, le groupe des radicaux, qui réunit les valoisiens et ceux de gauche, est plus fluctuant. «Le Sénat est particulier. Il y a des groupes charnières dont on ne sait pas à deux ou trois voix près ce qu'ils vont représenter», insistait, lundi matin, Patrick Ollier sur Europe 1. «Le pronostic favorable pour Larcher reste le plus déterminant. Les socialistes vendent la peau de l’ours avant de l’avoir tué», a même prévenu Jean-Pierre Raffarin sur France Info. «Il faut plus d’avance que cela», a-t-il assuré.
«Il faut se méfier des étiquettes politiques a priori, notamment chez les radicaux», nous confirme-t-on dans l’entourage de Gérard Larcher. «Il y a une tradition d’indépendance au Sénat», ajoute-t-on, mettant en valeur le travail fourni par Gérard Larcher au Plateau depuis trois ans. «Il a montré que le Sénat n’est pas l’annexe de l’Elysée». Assez, espère-t-on, pour emporter le vote de certains radicaux.
Surtout si on leur promet des présidences de commissions et autres postes intéressants, persifle-t-on à gauche. Où l’on parle de «tripatouillages» qui seraient «indignes», comme Pierre Moscovici, ce lundi matin, sur Europe 1. «Je ne voudrais pas qu’on ait droit cette semaine à des manœuvres de la IVe République, on est dans la Ve», a-t-il insisté, estimant que la candidature de Gérard Larcher, est un peu mauvaise joueuse». Jean-Pierre Bel a également mis en garde contre toute tentative de «hold-up» de la victoire de dimanche soir.
«Il ne s’agit pas de manœuvres comme j’ai pu l’entendre. De toute façon, on ne peut rien promettre quand l’issue est si incertaine», assure-t-on à droite au Sénat. «Jean-Pierre Bel connaît le Sénat, il sait que ce n’est pas si simple», argue-t-on. A l’UMP, on pense que «la personnalité» et «le projet» de Gérard Larcher fera la différence.
Surtout, le PS pourrait devoir organiser une primaire en son sein... Si Jean-Pierre Bel a fait acte de candidature, la socialiste réélue dimanche Catherine Tasca est elle aussi sur le pont. Elle dit avoir «envie» de se présenter mais n'a pas clairement fait acte de candidature. Enfin, un radical pourrait également se présenter pour - tenter - de mettre tout le monde d'accord. Dans ce cas de figure, Jean-Michel Baylet, le président des radicaux de gauche, serait déjà sur les rangs.