A Rungis, Marine Le Pen veut reprendre à Sarkozy la "France qui se lève tôt"

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Publié le 21 septembre 2011.

RUNGIS (Val-de-Marne) - Bien décidée à reprendre à Nicolas Sarkozy le thème de la "France qui se lève tôt", Marine Le Pen a visité mercredi à l'aube le grand marché de Rungis (Val-de-Marne) et y a rencontré un accueil favorable.

Il est cinq heures, devant l'un des hangars du plus grand marché aux produits frais au monde, et la présidente du FN, qui vient d'enfiler une blouse blanche, donne le ton: "je suis venue rencontrer des gens qui travaillent tôt et à qui on a fait beaucoup de promesses immédiatement oubliées".

La formule est prête: "Sarkozy a plutôt fait un mandat pour les gens qui se couchent tard".

Fil rouge de la visite, le chef de l'Etat, venu ici lors de sa campagne de 2007, puis avec son épouse Carla Bruni-Sarkozy en mai 2008, n'est pas ménagé, ni par Marine Le Pen ni par ceux qu'elle rencontre.

"On est tous des déçus de Nicolas Sarkozy", résume Florence Veillet, 39 ans, employée au service comptabilité d'un grossiste de viande, qui a récemment pris sa carte au FN. "Je peux pas me lever plus tôt! Je peux pas travailler plus, mais quand je vois le résultat, il m'en reste encore moins", peste-t-elle. Cette mère seule confie gagner 1.400 euros par mois. "Je suis obligée de travailler sur les marchés en plus pour atteindre 1.600-1.700 euros".

Devant les étals de poissons, les cagettes de fruits et légumes ou les carcasses de viande, à mesure qu'elle serre des mains, signe des autographes, pose pour des photos souvenirs et souhaite "bon courage!", Marine Le Pen s'entend dire régulièrement: "on votera pour vous". Avec ce motif qui revient souvent et que résume Djamel, un artisan boucher de 48 ans né à Paris et d'origine algérienne: "elle est pas plus mauvaise que les autres. Pourquoi ne pas essayer?"

Issu de l'immigration, ce grand gaillard justifie un discours ferme -- "et c'est pas raciste!" -- sur les étrangers: "si vous gagnez 2.000 euros par mois, vous ne pouvez pas accueillir 50 cousins à la maison. La France c'est pareil".

Pendant deux heures de visite, la présidente du parti d'extrême droite martèle un message simple: la grande ennemie, c'est la "grande distribution" et ses centrales d'achats qui "étranglent" les producteurs et ne font pas baisser les prix pour le consommateur.

Outre les droits de douane et les quotas d'importation aux frontières nationales, qui remettent en cause l'Union européenne, la présidente du FN prône sa "grande loi +achetons français+" pour donner "une priorité aux entreprises et aux productions françaises" dans les marchés de l'Etat ou des collectivités territoriales.

Pourtant, dans les allées de Rungis, les produits viennent du monde entier et les professionnels ne s'en plaignent pas.

"Nous on est là pour prendre de la monnaie, le reste on s'en fout. Ce n'est pas de notre faute si tout le monde veut manger des fraises au mois de janvier", explique Philippe, un acheteur qui préfère taire son patronyme.

Vers sept heures du matin, la fille de Jean-Marie Le Pen semble avoir passé sans embûche le test de Rungis, quand elle est interpellée par Mina, une Française d'origine marocaine de 45 ans.

"Ce sont toujours les mêmes qui sont pointés du doigt, les enfants d'immigrés. On ne vit pas de l'assistanat, on travaille, on bosse, on cherche à être honnête", lance-t-elle, visiblement émue, à Marine Le Pen.

"Il ne faut pas écouter ce qu'on vous raconte", se défend la candidate à la présidentielle. "Ecoutez-bien ce que je dis (...) et vous verrez que, comme vous êtes une mère de famille, vous serez d'accord avec moi".

"Ca reste à voir...", lui répond Mina.

© 2011 AFP
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