Procès Chirac: Le tribunal renonce à entendre Alain Juppé

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Publié le 15 septembre 2011.

JUSTICE - Il était ce jeudi en Libye avec Nicolas Sarkozy...

Le tribunal correctionnel de Paris a renoncé jeudi à entendre le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, durant le procès de Jacques Chirac dans l'affaire des emplois présumés fictifs de la ville de Paris.

Alain  Juppé, condamné en 2004 dans un volet de cette affaire, aurait dû être auditionné ce jeudi, mais il a finalement accompagné Nicolas Sarkozy en Libye.

En l'absence de l'ex-président de la République, dispensé d'assister à son procès pour raisons de santé, la venue de Alain Juppé était particulièrement attendue.

Anticor «extrêmement choquée»

L'association anti-corruption Anticor, partie civile, qui l'avait fait citer comme témoin, s'est déclaré à l'audience «extrêmement choquée» d'avoir appris son absence, «ce matin par la presse».

«C'est une injure au devoir de vérité et de justice», a protesté Me Jerôme Karsenti, avocat d'Anticor. Il a vu dans cette absence «la manifestation d'une lâcheté».

Après avoir consulté les autres parties, le président de la 11e chambre correctionnelle, Dominique Pauthe, qui avait pour sa part été informé la veille de cet «empêchement», a annoncé qu'il ne reconvoquerait pas Alain Juppé. «Le tribunal renonce à cette audition», a-t-il dit.

L'ex-Premier ministre pas chaud pour l'audition

Il n'y a pas d'audience vendredi et les plaidoiries et réquisitions doivent occuper toute la semaine prochaine, jusqu'à la fin du procès le 23 septembre.

L'ancien Premier ministre avait, dans un premier temps, fait savoir au tribunal, dans un courrier du 21 juillet, qu'il avait «déjà été entendu comme témoin dans cette procédure» et avait donc «l'intention de ne pas répondre favorablement» à sa citation.

Relâche

Le tribunal avait néanmoins demandé et obtenu du conseil des ministres l'autorisation de l'entendre, et Alain Juppé avait finalement accepté de venir ce jeudi. Cela avait obligé le tribunal à modifier le calendrier du procès, qui devait initialement faire relâche ce jour-là.

Alain Juppé avait été condamné en 2004 en appel à 14 mois de prison avec sursis et une année d'inéligibilité dans le cadre d'un des deux volets de l'affaire, instruit à Nanterre, en qualité d'ancien adjoint de Jacques Chirac à la mairie de Paris et de secrétaire général du RPR.

Une synthèse du dossier

Ce volet, dans lequel Jacques Chirac est aujourd'hui le seul prévenu, porte sur sept emplois confiés entre 1990 et 1994 à des permanents du RPR, rémunérés par la mairie de Paris alors qu'ils ne travaillaient selon les enquêteurs que pour le parti.

En l'absence de Alain Juppé, le président a fait une synthèse du dossier et lu les déclarations de MM. Juppé et Chirac faites pendant l'instruction.

En réponse à des déclarations de M. Juppé, renvoyant aux directeurs de cabinet la responsabilité des emplois en cause, Michel Roussin, qui comparaît comme prévenu dans l'autre volet de l'affaire, instruit à Paris, a sèchement répondu: «Ces gens travaillaient rue de Lille (NDLR: siège du RPR à l'époque) et non pas au cabinet du maire».

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