Pourquoi l'UMP n'a pas encore présenté son programme

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Publié le 3 septembre 2011.

POLITIQUE - Bruno Le Maire sait que les arbitrages sur les mesures de réduction des dépenses publiques seront difficiles à prendre...

Et le projet UMP fit pschitt! Samedi au campus UMP de Marseille, Bruno Le Maire, en charge du projet présidentiel, s’est montré évasif sur les propositions de l’UMP pour la campagne. Hormis quelques points précis comme la fin du collège unique ou la réduction à six mois de la procédure de demande d’asile, le ministre s’est contenté «de fixer un cadre de réflexion» pour le parti avec trois règles fondamentales: la refonte du système éducatif, la réduction du coût du travail aujourd’hui trop élevé et le respect des règles d’autorité. Le tout selon un principe intangible et qui doit démarquer l’UMP du PS: la réduction de la dépense publique pour épargner les finances de l’Etat.

Un programme en forme d’interrogations

Pourtant, Bruno Le Maire avait dégagé dans une interview à L’Express des pistes concrètes: la fiscalisation des allocations familiales et la révision à la baisse des indemnités chômage pour les cadres à hauts salaires. Lesquelles ont suscité une levée de boucliers de nombreux responsables UMP. Dans son discours, Bruno Le Maire s’est donc limité à formuler des interrogations: «notre indemnisation du chômage favorise-t-elle suffisamment le retour à l’emploi?» ou encore «pouvons-nous renforcer» la politique familiale «en créant une allocation dès le premier enfant sans dégager de ressources nouvelles?».

«Des décisions difficiles» attendent l’UMP

«Je pose des questions, à ma famille politique de trouver des réponses», s’est-il justifié, assumant des «convictions personnelles» distinctes de ce qu’un délégué général en charge du projet peut exprimer. Bruno Le Maire assure que le parti se donnera trois mois pour décider des options à retenir et à soumettre à Nicolas Sarkozy. «Le travail technique est prêt», reste l’arbitrage. «Les propositions doivent faire consensus dans la famille politique» mais, reconnaît-il, quand on aborde la question de la réduction des dépenses publiques, «c’est là que ça devient compliqué». «Cela appellera des décisions difficiles», prévient celui qui se dit par ailleurs favorable, comme Nadine Morano, à la modulation des allocations familiales en fonction du revenu des foyers. De quoi mettre le feu à la maison UMP.

L’UMP proposera, Nicolas Sarkozy disposera

Parmi les proches de Nicolas Sarkozy, on temporise déjà. «Le projet du candidat, c’est celui du candidat», lâche Henri Guaino, conseiller spécial du président de la République pour qui le projet de l’UMP sert uniquement «à contribuer à la réflexion» de celui qui n’est pas encore candidat.

«Je suis jeune en politique mais pas suffisamment pour croire que cela ne va pas susciter des réactions», indique, lucide, Bruno Le Maire qui dit «ne pas être là pour allumer des incendies». Pas besoin, les départs de feu sont nombreux. La droite s’est embrasée au cours des derniers jours sur le projet de taxation des plus-values des résidences secondaires ou de la hausse de la TVA sur les parcs à thème. «Dans chaque niche fiscale, il y a un gros chien», constate, amer, Bruno Le Maire. Les morsures ne font que commencer.

De notre envoyé spécial à Marseille, Alexandre Sulzer
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