Jacques Chirac assis à une terrasse de café à Saint-Tropez, le 14 août 2011
Jacques Chirac assis à une terrasse de café à Saint-Tropez, le 14 août 2011 - AFP PHOTO SEBASTIEN NOGIER

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«Jacques Chirac n'a plus la mémoire» pour assister à son procès «mais de toutes ses forces, il souhaite qu'il aille à son terme», a expliqué samedi dans un entretien à l'AFP Frédéric Salat-Baroux, gendre de l'ancien chef de l'Etat, en évoquant un moment «douloureux pour sa famille».

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Dans la matinée, les avocats de Jacques Chirac ont annoncé que l'ancien président de la République n'avait «plus l'entière capacité de participer au déroulement des audiences» et qu'il avait demandé au tribunal que ses conseils le représentent dans son procès qui doit débuter lundi.

Un moment douloureux pour la famille

Dans un entretien à l'AFP, M. Salat-Baroux a insisté sur la dimension «très personnelle voire intime» de ce sujet pour tous les proches de Jacques Chirac, son épouse Bernadette, sa fille Claude et son petit-fils Martin.

«Son état de santé s'est dégradé depuis quelques mois, c'est vrai, et dans ces conditions, sa présence au procès ne peut pas avoir lieu dans des conditions humaines et de dignité», a-t-il dit, expliquant que l'ancien président de la République n'avait «plus la mémoire pour cela».

«C'est très douloureux pour sa famille», a poursuivi le mari de Claude Chirac.

Un procès symbolique

Il a fait valoir que «n'importe quel justiciable aurait pu demander que le débat s'arrête», mais, a-t-il dit, «Jacques Chirac ne le veut en aucun cas».

«De toutes ses forces, il souhaite que le procès aille à son terme, car pour lui, il a une dimension symbolique et politique majeure».

«Si le procès s'arrêtait, les Français penseraient qu'il y a deux justices, l'une pour les puissants, l'autre pour les faibles». «Et cela, Jacques Chirac ne le veut à aucun prix. Du plus profond de sa volonté, il accepte en définitive de ne pas être un justiciable comme les autres. Comme homme d'Etat, ancien chef de l'Etat, il considère devoir accepter plus d'exigences que d'autres».

«C'est pourquoi il a écrit au tribunal pour que ses avocats portent sa défense et sa voix», pour exprimer «le sentiment qui l'anime», la «dimension humaine très forte» de ce sujet mais aussi «sa dimension politique forte parce que c'est lui, parce qu'il est l'ancien président», a expliqué Frédéric Salat-Baroux, qui était secrétaire général de l'Elysée à l'époque de Jacques Chirac.

Une décision en attente

«A présent il appartient, comme l'ont dit ses avocats, au tribunal de se déterminer», a-t-il ajouté.

Lundi, le tribunal pourra soit accepter que Jacques Chirac soit représenté par ses conseils, soit décider de reporter sine die le procès, soit encore demander une contre expertise médicale.

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