MOUANS-SARTOUX (Alpes-Maritimes) - Eva Joly en campagne défend l'autonomie et les langues des régions

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Publié le 27 août 2011.

MOUANS-SARTOUX (Alpes-Maritimes) - La candidate Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à la présidentielle, Eva Joly, a été ovationnée samedi lors de l'université d'été de neuf partis régionalistes et autonomistes, en promettant notamment de défendre les langues régionales menacées.

"Etes-vous d'accord pour accorder l'autonomie à la Corse ?", lui a demandé une militante corse de Régions et peuples solidaires (RPS), qui fédère les neuf partis français. Mme Joly, qui défend "une Europe fédéraliste des régions", a rétorqué: "nous voulons aussi des régions autonomes".

Son parti défend ainsi pêle-mêle, "la réunification de la Bretagne" (par le rattachement de la Loire-Atlantique), "l'autonomie basque" (d'une région pouvant aller de l'Espagne à la France), ou encore "une collectivité territoriale unique de la Corse".

"Nous voulons que chaque région puisse avoir un statut différent en fonction de ses revendications", a-t-elle affirmé, sous les applaudissements soutenus de 150 "régionalistes" réunis à Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes).

L'eurodéputée franco-norvégienne, qui enseigne en Norvège dans une université créée pour la minorité samie, proposera également, si elle est élue, "la reconnaissance des langues régionales".

Elle dénonce en France "la volonté hégémonique d'imposer l'unique langue française" et "les poursuites contre des maires qui s'expriment dans une autre langue".

Selon elle, "on ne peut pas imposer l'enseignement des langues régionales, mais on peut imposer l'offre". Pour sauver certaines langues menacées, "il faut que, dès la maternelle, il soit possible de les parler".

En phase avec les régionalistes, elle a prôné "l'abrogation" de la réforme territoriale de Nicolas Sarkozy, qui conduit selon elle à une plus grande centralisation.

"La figure du préfet est une figure napoléonienne et il est temps de rentrer dans la modernité", a-t-elle lancé, en répondant à un Catalan qui souhaitait savoir s'il fallait maintenir les préfets.

Pour Eva Joly, il faut aussi "sortir de l'élitisme très centralisateur des grandes écoles". "C'est toujours le premier de la classe qui a la parole, c'est un gâchis monstrueux".

Le RPS fédère trois partis basques, un parti breton, un alsacien, un corse, un occitan, un catalan et un savoyard. Il revendique un réservoir potentiel d'environ "400.000 voix".

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