Jacques Chirac ne sera pas présent à l’ouverture de son procès le lundi 5 septembre prochain. Mais, pour l’instant, c’est la seule dérogation qu’il a obtenue. Dans son «projet de plan d’audiences», Dominique Pauthe, le président du tribunal, souhaite en effet entendre l’ancien chef de l’Etat quotidiennement du mardi 6 septembre jusqu’au début des plaidoiries prévu le lundi 19 septembre.
Si l’on se réfère à ce document de quatre pages que 20 Minutes a pu consulter, Jacques Chirac devrait en effet être interrogé dès le mardi 6 septembre à 13h30 sur les faits de «détournement de fonds publics, abus de confiance et complicité» dans l’affaire dite des emplois fictifs de la mairie de Paris. Appelé à la barre en compagnie de ses deux anciens directeurs de cabinet – Michel Roussin et Rémy Chardon – Jacques Chirac doit s’expliquer toute la première semaine du procès sur le système présumé d’emplois fictifs mis en place à la mairie de Paris dans les années 1990. Lors de l’instruction du dossier, Jacques Chirac avait assuré à la juge Xavière Siméoni qu’il «assumait la totale responsabilité de ces recrutements».
Toujours selon le «projet de plan d’audiences», la deuxième semaine du procès ne doit pas accorder plus de répit à l’ancien Président. Dominique Pauthe a ainsi prévu de le «confronter» à plusieurs personnalités bénéficiaires présumées des fameux emplois fictifs. Parmi elles, Jean de Gaulle, ancien député de Paris et petit-fils du général ou encore Marc Blondel, l’ancien secrétaire général de Force ouvrière, soupçonné d’avoir bénéficié d’un chauffeur particulier rémunéré par la mairie de Paris.
Avant de laisser la parole aux parties civiles et à la défense, le président du tribunal correctionnel a également prévu, le mercredi 14 septembre, d’entendre Alain Juppé en qualité de témoin. L’actuel ministre des Affaires étrangères a déjà été condamné en appel en 2004 à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité dans cette même affaire.
Contacté par 20 Minutes, Jean Veil, l’avocat de Jacques Chirac s’est pour l’instant refusé à commenter dans le détail ce planning. «Pour l’instant, je suis en vacances et Jacques Chirac aussi, a-t-il réagi de façon lapidaire. La seule certitude, c’est que mon client ne sera pas présent pour l’audience d’ouverture le 5 septembre consacrée à des questions de procédure. Pour le reste du procès, nous devons encore en discuter avec lui et le président du tribunal. Nous annoncerons notre décision à partir du lundi 29 août…»
Agé de 78 ans, l’ancien chef de l’Etat a toujours affirmé qu’il souhaitait «s’expliquer comme n’importe quel justiciable». Mais, depuis son départ de l’Elysée, les rumeurs sur son état de santé n’ont cessé d’alimenter la chronique médiatique. Le week-end dernier, il a tout de même fait une apparition d’une demi-heure à la terrasse d’un célèbre café du port de Saint-Tropez pour signer des autographes et se laisser prendre en photo.