L'expérimentation  des Patrouilleurs de la Police francaise à Nice, afin de créer un sentiment de securité et de proximité pour les riverains, le 2 mai 2011. 
L'expérimentation des Patrouilleurs de la Police francaise à Nice, afin de créer un sentiment de securité et de proximité pour les riverains, le 2 mai 2011.  - B. BEBERT/SIPA

Céline Masfrand

Les résultats publiés par la Cour des comptes n’ont pas vraiment plu au Ministre de l’Intérieur.  Peu de temps a près sa publication Claude Guéant a violemment riposté, n’admettant pas la remise en cause de la baisse de la délinquance depuis 2002. Mais tous ne semblent pas avoir la même déconsidération pour ce rapport.

Baisse de 5.3% des effectifs depuis  2003

Alors que le ministère de l’Intérieur s'«étonne et (...) conteste l'appréciation portée, dès les premières lignes du rapport, sur le caractère soi-disant "contrasté" des résultats obtenus dans la lutte contre la délinquance depuis 2002», indique l’AFP, l’Unité SGP de la police ouvrière, elle, a un tout autre avis. «Le rapport de la Cour des comptes donne un point de vue objectif et cru sur l’état réel de la police nationale en 2011 (…), qui dispose aujourd’hui de moins d’effectifs que lors de l’explosion des banlieues en 2005», affirme Nicolas Compte, le Secrétaire général d’unité SGP dans une communiqué de presse.

Le syndicat marque son appui au rapport de la Cour des comptes, affirmant que les effectifs de la police se réduisent  «comme peau de chagrin»,  alors  que «la crise sécuritaire s’aggrave» et que «la population a entre-temps augmenté».  Même constatation du côté de la Cour des comptes qui  enregistre une baisse de 5.3% des effectifs de police depuis 2003, indique l’AFP ce jeudi.

«Ce rapport est un véritable florilège d’une catastrophe annoncée. Sur le plan de la réduction des moyens attribués à la police, le bilan est sombre aussi. (…) Quand cessera cette politique suicidaire de baisse des effectifs et de réductions de moyens?», termine le Secrétaire général du syndicat.

«La politique de sécurité doit désormais être changée de A à Z.»

Delphine Batho secrétaire nationale du Parti socialiste chargée de la sécurité juge que le rapport «constitue un tournant majeur car, pour la première fois, une évaluation objective dresse le bilan réel de la politique de sécurité conduite depuis plusieurs années.» 

Pour Delphine Batho  la Cour des comptes est juste puisque son rapport est indépendant: «Ce rapport dément point par point la prétendue réussite de la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy. Cette fois, ce n'est pas l'opposition qui le dit, ni les syndicats de police, mais la Cour des comptes. C'est sans doute pourquoi l'un des principaux artisans de cette politique depuis 2002, Claude Guéant, en perd son calme légendaire.(…) La politique de sécurité doit désormais être changée de A à Z. (…) Le Parlement doit se saisir de ce rapport dans les meilleurs délais pour en tirer toutes les leçons.», termine Delphine Batho.