20h : 30 mois dont 18 avec sursis et 45000 euros d'amende requis contre Gergorin et 30 mois dont 15 avec sursis et 45000 euros d'amende contre Lahoud. Fin du live.
19h57 : 15 mois avec sursis requis contre Villepin.
19h04 : depuis quelques minutes, le procureur général fait la démonstration que Dominique de Villepin a eu connaissance de la fausseté des listings dès juillet 2004. Sans empêcher le corbeau, Gergorin, d'envoyer des courriers anonymes au juge Van Ryumbecke.
18h23 : Me Olivier Metzner, l'avocat de Villepin, s'étrangle lorsque le procureur sous-entend qu'en janvier 2004, le ministre de l'Economie était Nicolas Sarkozy alors que ce n'était pas encore le cas.
18h17 : le procureur nous ramène en janvier 2004, date à laquelle Villepin prend conscience de l'existence de listings sans savoir alors qu'il s'agissait de faux.
18h04 : le réquisitoire contre Villepin en arrive (enfin!) aux faits.
17h46 : Pour justifier le concept de "complicité par abstention", le procureur rappelle un précédent dans une affaire de tapage nocturne. On s'éloigne pour quelques minutes des listings Clearstream...
17h24: Début du réquisitoire contre Dominique de Villepin, d'abord sur les questions jurididiques, notamment la question de la "complicité par abstention".
17h08 : "Ne vous faites pas abuser par la fable du corbeau qui voulait se faire passer pour un pigeon" lance un peu laborieusement le procureur général, avant une courte suspension d'audience.
16h53 : Georgorin prend cher. "Sans Gergorin, pas d'affaire Clearstream. Sans Gergorin, pas d'Imad Lahoud."
16h45 : Plus de deux heures que le réquisitoire a commencé sur un ton monocorde. Dans les bancs de la presse, on commence à s'agiter. D'autant que le rappel de l'implication d'Imad Lahoud et de Jean-Louis Gergorin ne permet pas d'échapper aux répétitions... "Mauvaise foi", "manipulation", "corbeau", "allégations mensongères" reviennent en boucle. Dominique de Villepin, qui attend son tour, écoute en se touchant les cheveux.
16h23 : Le parquet général souligne que Jean-Louis Gergorin a davantage cru en Imad Lahoud que dans les services suisses qui indiquaient que les listings étaient faux.
15h58 : Pour le procureur général, le passé judiciaire d'Imad Lahoud aurait "dû justifier de la prudence ou au moins de la défiance" de la part de Jean-Louis Gergorin.
15h38 : "Jean-Louis Gergorin a pris, seul, l'initiative" des envois de listings au juge Van Ruymbecke, selon le parquet général.
15h35 : Villepin s'ennuie
L'ancien Premier ministre regarde sa montre. Il faut dire que le réquisitoire contre Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin a commencé il y a plus d'une heure! Une journaliste glisse: "Il y a plus de réactions lorsqu'une fenêtre claque qu'en raison du réquisitoire".
15h28 : Pour le parquet général, Jean-Louis Gergorin n'a procédé à "aucune vérification des listings" et a, au contraire, toujours "avancé la fiabilité de sa source".
15h06: Le parquet souligne la propension chez Imad Lahoud "à être impliqué dans des opérations crapuleuses". "Nous avons affaire à un escroc, un vrai".
15h : Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin concentrés
Les deux prévenus écoutent le réquisitoire contre eux avec attention, en prenant des notes. Ils ne laissent rien transparaître.
14h57: Le parquet met en exergue "la propension inégalée à mentir" d'Imad Lahoud.
14h53: Jean-Louis Gergorin "est bien l'auteur des envois [des listings] à la justice".
14h46: Ils ont "fait preuve de perversité, de capacité manipulatrice" avec les faux listings
14h44: "Comment départager chez Gergorin la raison et la passion?"
14h41 : "Les notes [du général Rondot] ont le mérite d'exister", on ne peut les "rejeter en bloc" affirme le parquet général.
14h30 : Le réquisitoire commence
Le procureur général commence le réquisitoire contre Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin. Celui contre Dominique de Villepin doit suivre.
Après trois semaines de procès, l'accusation prenait la parole ce lundi après-midi pour demander à la cour d'appel de Paris de condamner Dominique de Villepin qui, selon elle, s'est rendu complice de dénonciation calomnieuse dans l'affaire Clearstream. En première instance, le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, était lui-même monté à l'audience pour s'occuper du cas Villepin. Il avait requis contre lui 18 mois de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende.
Parallèlement, il avait requis deux ans de prison, dont 18 mois ferme, à l'encontre du mathématicien Imad Lahoud et trois ans de prison, dont 18 mois ferme, à l'encontre de l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, ainsi que 45.000 euros d'amende à l'encontre des deux hommes. Le 28 janvier 2010, Dominique de Villepin avait finalement été relaxé, tandis que Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud avaient été condamnés à respectivement 15 et 18 mois de prison ferme, assortis pour chacun d'une amende de 40.000 euros.
L'affaire Clearstream est une vaste affaire de dénonciation calomnieuse au cours de laquelle des noms, dont celui de Nicolas Sarkozy, ont été ajoutés sur des listings bancaires afin de faire croire qu'ils trempaient dans de sombres affaires de corruption. Pour le parquet général, Dominique de Villepin était au courant de la fausseté des listings dès juillet 2004 et aurait donc pu mettre fin à la calomnie. Le ministère public, qui a fait appel de la relaxe de l'ancien Premier ministre, estime qu'il doit être condamné pour «complicité par abstention». Mais si la «complicité de dénonciation calomnieuse» existe bel et bien dans le code pénal, la «complicité par abstention» n'est qu'un concept juridique que la cour d'appel a toute liberté de suivre ou non.
Mercredi matin, ce seront les avocats de Dominique de Villepin, Olivier Metzner, Luc Brossollet et Olivier D'Antin, qui prendront la relève et tenteront de gagner la cour à leur cause. Selon eux, Dominique de Villepin n'était pas au courant de la falsification des listings, et même si c'était le cas, leur client ne peut être condamné pour n'avoir «pas fait» quelque chose.
Mercredi après-midi et jeudi après-midi viendra le tour des avocats de Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud. Ils attendent le réquisitoire de lundi pour déterminer qui prendra la parole en premier. Lors des procès, il est d'usage que plaide en dernier celui contre lequel le ministère public a requis la plus forte peine. Jeudi soir, la cour d'appel, présidée par Christiane Beauquis, devrait annoncer la date à laquelle elle rendra sa décision, probablement aux mois de septembre ou octobre.