Affaire DSK: Anne Sinclair, un soutien presque muet de son mari

SCANDALE L'ancienne journaliste, qui garde le silence depuis dimanche, a plus d'une fois soutenu son mari lors de crises...

Anne-Laëtitia Béraud

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Anne Sinclair, épouse de Dominique  Strauss-Kahn, lors d'une conférence à Genève, en Suisse, le 8 décembre 2010.

Anne Sinclair, épouse de Dominique Strauss-Kahn, lors d'une conférence à Genève, en Suisse, le 8 décembre 2010. — F. COFFRINI/AFP PHOTO

Attendue depuis plusieurs jours, la démission de DSK de son poste de directeur du Fonds monétaire international est tombée ce jeudi matin par un communiqué lapidaire.

Au deuxième paragraphe, Dominique Strauss-Kahn évoque Anne Sinclair, son épouse depuis 1991. «Je pense d’abord en ce moment à ma femme – que j’aime plus que tout – à mes enfants, à ma famille, à mes amis».

Anne Sinclair s’est pour le moment très peu exprimée sur l’affaire. Depuis le samedi 14 mai, où, à l’anniversaire de Patrick Bruel –relate Paris Match– elle reçoit un coup de fil de son mari lui annonçant qu’«il s’est passé quelque chose de grave», elle n’a transmis qu’un seul communiqué, le lendemain. A l’AFP, elle assure «ne pas croire une seule seconde aux accusations qui sont portées contre (son) mari pour agression sexuelle» et «ne doute pas que son innocence soit établie».

Depuis lors, l’épouse de DSK, qui «s'était réfugiée chez des amis à Paris afin de fuir les paparazzis installés devant l'appartement du couple, place des Vosges» –rapporte Le Monde– a rejoint les Etats-Unis. Entourée de la communicante Anne Hommel, elle refuse de répondre aux journalistes. Elle qui a longtemps exercé cette profession connaît la puissance des mots dans une affaire qui stupéfie la France.

De vedette à supportrice de son mari

Anne Sinclair, une femme que les téléspectateurs connaissent bien: elle a été «LA» journaliste vedette du petit écran dans les années 1990. Unanimement célébrée comme une grande professionnelle, elle a bâti sa réputation avec l’émission dominicale «7 sur 7» sur TF1, qu’elle présente pendant treize ans.

Née Anne-Elise Schwartz en 1948 aux Etats-Unis, elle est la petite-fille du grand marchand d’art Paul Rosenberg et la fille unique du résistant Robert Schwartz, qui lui a transmis son nom de guerre, Sinclair. Une femme aisée, cultivée: licenciée en droit, elle est passée par Sciences-Po Paris. Divorcée du journaliste de radio Ivan Levaï, elle travaille comme journaliste depuis le début des années 1970.

Elle rencontre DSK en 1989 et l’épouse en 1991. A son nouveau mari, elle apporte l’aisance matérielle et lui ouvre son large carnet d’adresses composé de politiques et d’intellectuels. En 1997, alors que Dominique Strauss-Kahn rejoint Bercy, elle abandonne son émission télévisée. Elle travaille un temps pour la filiale internet de TF1, et abandonne progressivement les feux médiatiques, à mesure que son mari fait carrière.

Ambition présidentielle

En 1999,  DSK démissionne du ministère de l’Economie, à la suite de l’affaire de la Mnef. Anne Sinclair est là, le soutient malgré la suspicion et son départ précipité du ministère. Il va être blanchi deux ans plus tard. Moins de dix après, en 2008, de nouveau elle soutient DSK, empêtré dans la polémique pour son adultère avec une collaboratrice du Fonds monétaire international, Piroska Nagy.

Trompée, Anne Sinclair écrit néanmoins sur son blog avoir «tourné la page», avant de conclure: «Nous nous aimons comme au premier jour». Un penchant prononcé pour les femmes qu’Anne Sinclair est loin d’ignorer: plusieurs fois dans les années 2000, elle affirme aux médias qu’elle connaît la réputation de son mari, et qu’elle en est fière.

Depuis plusieurs mois, depuis son blog, Anne Sinclair transmettait ses petites phrases, en vue de la présidentielle de 2012. Elle apparait alors comme un soutien de poids dans l’ambition de son mari. Aujourd’hui, elle devrait lui apporter une aide précieuse, lorsqu’un procès se tiendra aux Etats-Unis. Par sa force, son aplomb, elle devrait «humaniser» DSK, qui, depuis une semaine, est accusé d’agression sexuelle, de tentative de viol et de séquestration.