La présidence de la République s'est abstenue ce mardi de prendre publiquement parti dans le débat ouvert jusqu'au sein de la majorité sur le revenu de solidarité active (RSA) par le ministre des Affaires européennes. Laurent Wauquiez a suscité un tollé dans l'opposition mais également une partie de l'UMP en proposant de plafonner le cumul des minima sociaux à 75% du salaire minimum et d'imposer aux bénéficiaires du RSA cinq heures de service social par semaine.
Interrogé mardi matin sur ce début de polémique, l'Elysée a pour sa part affiché sa neutralité. «Le RSA est une mesure majeure, prise en période de crise pour lutter contre la pauvreté (...) Le RSA est essentiel pour protéger les plus faibles», dit-on dans l'entourage du président Nicolas Sarkozy, tout en soulignant que «tout débat est intéressant».
L'entourage de Laurent Wauquiez assure que ses propositions sont le fruit de réflexions conduites il y a trois semaines, lors d'un colloque sur «les droits et les devoirs», par son club politique, Droite sociale. On s'étonne d'autant plus, au ministère des Solidarités, de voir le ministre des Affaires européennes revenir à la charge alors que Roselyne Bachelot pensait avoir réglé la question lors d'un entretien avec l'intéressé à la suite du colloque.
De là à imaginer un «ballon d'essai» téléguidé par l'Elysée, il n'y a qu'un pas que certains n'hésitent pas à franchir. «Laurent Wauquiez est quelqu'un de trop carriériste pour s'aventurer tout seul, comme ça», souligne ainsi une source gouvernementale.