Karine Niego: «Il y a eu une évolution excessivement rapide» d'Europe Ecologie

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Publié le 11 avril 2011.

INTERVIEW - Karine Niego a suivi Europe Ecologie-Les Verts pendant plus d'un an, après les européennes de 2009 jusqu'à la fusion de novembre 2010 à Lyon...

Comment est venue l’idée de suivre les Verts?
L’écologie, c’est un sujet qui m’intéresse. J’ai vu une émergence de l’écologie politique au niveau international et là, au moment des européennes 2009, en France, il y a cette vague verte, avec ce trio hétéroclite Cohn-Bendit-Bové-Joly. Tout le monde dit que c’est grâce au film Home diffusé juste avant, que c’est un coup. J’avais envie de savoir s’ils allaient confirmer un an plus tard aux régionales.

 
Pourquoi avoir choisi Cécile Duflot en fil rouge?
Un documentaire, c’est une histoire et des personnages. J’avais lu au lendemain des européennes une interview de Duflot et je me suis dit: «Elle est différente.» Elle m’a interpellée. Europe Ecologie, c'était Bové, Cohn-Bendit et Joly.  elle était inexistante, inconnue, et elle allait prendre la tête de liste en Ile-de-France. Le personnage Duflot était à l’image du rassemblement: jeune, inexpérimentée, pas vraiment politique, militante. Il m’était évident qu’elle serait le fil rouge de l’histoire, de ce rassemblement dont je me suis demandé s'il allait transformer l’essai des européennes.
 
Vous en dressez un portrait plutôt sympathique…
C’est votre point de vue. Certains disent que je ne l’ai pas épargnée, qu’elle apparaît très spontanée, candide ou naïve, d’autres me disent qu’elle apparaît très sympa. Elle est comme ça.
 
Un an en immersion avec les écologistes, qu’est-ce qu’il vous a marqué?
Ça a été de vivre un moment historique. Lors de ce tournage, ça n’a été que des premières fois. Le premier gros meeting, la première grosse télé, la première interview d’Elkabbach sur Europe 1, le premier Grand Journal sur Canal+, les premiers déplacements suivis par une cohorte de journalistes, etc. On  a senti que les Verts ont dépassé quelque chose, qu’il s’était passé quelque chose. En un an, Cécile Duflot, 34 ans, a émergé. On sentait que les gens, les journalistes politiques, posaient un regard différent sur les Verts. Ce n'était plus seulement des gens qui s’engueulaient et qui n’arrivaient à rien. Il y a eu une évolution excessivement rapide du mouvement et une crédibilité qui s’est construite de la même manière.

Vous n’avez eu aucune difficulté lors du tournage?
J’ai mis deux mois et demi pour avoir un rendez-vous avec Cécile Duflot, elle a annulé à plusieurs reprises. Et deux heures trente pour la convaincre. Elle était rétive au début. Mais une fois qu’elle a dit oui, c’était oui. A mes conditions: en immersion, sans couper le micro, sans censure. Elle a joué le jeu. Une fois que j’ai été présentée, tout le monde a oublié rapidement ma présence.  C’est la première à avoir vu les épisodes. Elle a eu ce seul commentaire: «On n’en est plus là.» Et dans ce web-docu, je montre par quoi ils sont passés et comment ils ont avancés.
Propos recueillis par Maud Pierron
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