A peine les cantonales digérées, les socialistes s'interrogent sur les primaires à venir. Pragmatiques contre ambitieux, tous ne sont pas d'accord.
Si on réduisait la voilure? Au Comité national d'organisation des primaires (Cnop), les récentes réunions laissent penser que le PS a abandonné l'idée de primaires ambitieuses. Un grand meeting national et un seul débat télévisé entre les deux tours seraient organisés.
Oubliées les primaires de 2006 (trois grands meetings, trois débats télévisés) et enterrée l'idée d'une investiture à l'américaine, avec de grands meetings dans une vingtaine de régions. L'échéance se rapprochant, certains ont craint d'avoir créé une machine à perdre.
«Les primaires doivent servir à exposer les idées des candidats pas nos divisions», glisse François Lamy, conseiller politique de Martine Aubry rejoint par Claude Bartolone interrogé sur RMC. «Quand on a décidé des primaires, on ne pensait pas que la gauche pourrait gagner 2012.»
Un cadeau aux cadors? Un changement approuvé par les poids lourds. «Vu la situation, on n'a intérêt ni à rentrer dans une querelle de personnes, ni à multiplier les candidatures», expose Jean-Marie Le Guen, proche de DSK. Le directeur du FMI avait été traumatisé par les primaires de 2006 et souhaite un processus rapide (une ratification, selon ses détracteurs).
François Hollande, qui a tout à gagner, freine lui aussi des quatre fers. «Nous n'avons jamais été pour un grand barnum», explique Stéphane Le Foll, l'un de ses lieutenants.
Les outsiders râlent. Alors forcément, du côté d'Arnaud Montebourg, qui a toujours parlé des primaires comme «d'un rendez-vous avec les Français», on est très mécontents de cette tournure. Idem chez les petits candidats. «Je ne comprends pas. Comme moi, DSK, qui est loin de la France, a besoin d'une réelle légitimation populaire», s'emporte Daniel Le Scornet, candidat aux primaires.
Rien n'est pour le moment définitif. A la fin des inscriptions, en juillet, le PS devra valider le processus avec les candidats. D'ici là, les tractations iront bon train.