La frontiste Françoise Grolet sera au second tour des cantonales dimanche 27 mars à Metz-1.
La frontiste Françoise Grolet sera au second tour des cantonales dimanche 27 mars à Metz-1. - Photos : Alexandre GELEBART / 20 MINUTES

Avec son air de prof un peu strict, Françoise Grolet passe inaperçue dans les rues. Cette mère de neuf enfants est la candidate du FN aux cantonales à Metz-1, où se rend ce jeudi Marine Le Pen. Avec 26,4% des voix, elle est en tête de la course devant le maire socialiste sortant Dominique Gros (26,1%) qu'elle affronte en duel dimanche.

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Au premier tour, l'abstention a été massive (68%). «Je n'ai pas une tête de facho», se réjouit celle qui va à la rencontre des passants. «Je suis contente de faire votre connaissance, bonne chance!», lui souhaite Fernande, 63 ans. Pourtant, elle votera blanc. «PS et FN, c'est la peste ou le choléra. Mais il faut arrêter de diaboliser le FN, Marine Le Pen est moins fofolle que son père.»

Les passants qui font la moue en découvrant le tract à la flamme sont rares. «Entre le FN d'il y a vingt ans et celui d'aujourd'hui, il y a eu du changement », avance Ceylan, une femme de 23 ans, d'origine kurde. Voter un jour FN? «Pourquoi pas. Ils ne sont pas anti-étrangers.»

«C'est le trop-plein de tout»

«Moi, je n'ai jamais voté FN. Mais dimanche, j'aurais peut-être envie de voter contre le maire», confie Christian, 50 ans, avec un sourire entendu. Comme lui, de nombreux électeurs évoquent des enjeux locaux. Projets de bus contestés, absence de déneigement, impôts en hausse expliqueraient un «ras-le-bol» qui revient dans toutes les bouches.

«C'est le trop-plein de tout, bouillonne Elisabeth, qui a voté FN pour la première fois de sa vie dimanche dernier. On se fait attaquer par la banlieue.» La banlieue, ici, ce sont les quartiers nord où Dominique Gros fait du porte-à-porte. «Des fois, les gens votent FN parce qu'ils ont eu un PV pour des crottes de chien», soupire-t-il.

Dans cette rue, l'enjeu, c'est le bruit permanent des scooters. Nabil, 28 ans, confie: «Les électeurs du FN ne sont pas racistes. Moi, je les comprends, ils sont poussés à bout.» Son voisin, André, un retraité qui tutoie le maire, reproche à l'édile de ne plus venir sur place. Lui aussi votera FN pour la première fois. Son amie Charlotte, sympathisante MoDem, rectifie: «Moi, je n'ose pas.» Avant d'ajouter: «Enfin, s'il y avait un ou deux conseillers généraux FN, ça ne ferait pas de mal…»

 

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