Consignes de vote aux cantonales: «Un parfum de crise politique» dans le couple Sarkozy-Fillon selon la presse

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Publié le 22 mars 2011.

REVUE DE PRESSE - Après que le couple exécutif a fait entendre deux voix discordantes pour le second tour des cantonales...

Le couple exécutif s'est «lézardé» sur les consignes de vote pour le second tour des cantonales, estime mardi la presse, qui voit dans l'appel de François Fillon à voter contre le Front national «un défi» à Nicolas Sarkozy qui prône le «ni FN ni PS».

Paul Quinio critique dans Libération le «ni ni présidentiel» et enjoint: «Choisis ton camp, camarade». «En renvoyant dos à dos le FN et le PS, en excluant de donner des consignes, l’UMP préfère cultiver l’ambiguïté et récolte déjà la cacophonie, voire la division», selon le quotidien. «L’appel de François Fillon à voter contre le FN représente un défi de taille au président de la République et à sa stratégie pour 2012», estime également Xavier Panon, dans La Montagne.

Une divergence «essentielle»

«Il ne s’agit pas d’une simple différence de tactique pour le second tour des cantonales. Pour que le Premier ministre ait choisi de faire valoir sa différence, c’est qu’il a considéré que la divergence est essentielle», selon le quotidien qui juge que «Nicolas Sarkozy vient donc d’aggraver la fracture dans son propre camp, sans assurance du côté des électeurs du FN», ajoute l'éditorialiste du quotidien auvergnat.

«L'UMP s'engage dans cette voie où elle risque de se perdre. En son sein déjà, des personnalités refusent de marcher sur ce pas cadencé», observe L'Humanité qui évoque «un piège redoutable pour la droite». «Jean-Louis Borloo reconnaît d'ailleurs que le "ni-ni" de Sarkozy va poser à la majorité des problèmes majeurs dans les mois qui viennent», ajoute Patrick Apel-Muller.

«Y a-t-il encore un pilote dans l'avion majoritaire?» s'interroge Michel Vagner de L'Est républicain. «Emportée par la tempête des cantonales, l'UMP navigue à vue, avec l'Élysée et Matignon qui se disputent le manche, en désaccord sur la trajectoire à suivre pour échapper au missile de l'extrême droite, expédié depuis les urnes du premire tour», selon l'éditorialiste.

«Un parfum de crise politique»

«Il est rarissime et pour tout dire inédit qu'un Premier ministre, hors cohabitation, se démarque de la sorte d'un président de la République, sur un sujet si politique, au lendemain d'une élection. C'est pourtant ce qu'a fait hier François Fillon, à propos de l'attitude à adopter vis-à-vis du Front national, ajoutant à la confusion ambiante un parfum de crise politique», note Bruno Dive dans Sud-Ouest. Pour Patrick Fluckiger, dans L'Alsace, «les cantonales étaient déjà un échec pour l'UMP. Elles pourraient briser, en prime, dans les jours à venir, l'apparence d'unité de la droite. Le roi, alors, serait vraiment nu.»

Dans La République du Centre, Jacques Camus souligne que «c'est même le "front exécutif" qui s'est gravement lézardé», avec la prise de position de François Fillon favorable au report de voix sur le PS, «en contradiction flagrante avec le "ni-ni" de Nicolas Sarkozy». «Il n'est pas sûr que tout cela ravive l'élan civique», observe l'éditorialiste.

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