Procès Chirac: Les parties civiles se sentent seules

JUSTICE La Mairie de Paris s'est désistée à la fin de l'année dernière...

V. V.

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L'avocat, Frédérik Canoy.

L'avocat, Frédérik Canoy. — SUMPTION / SIPA

Face à l'armada des avocats de la défense, Frédérik Canoy et Jérôme Karsenti vont sans doute se sentir un peu seuls. Ce sont les deux robes noires qui vont s'occuper des parties civiles dans cette affaire d'emplois fictifs.

En fin d'année dernière, la Mairie de Paris s'est en effet désistée de sa constitution de partie civile après avoir conclu un accord avec l'UMP et Jacques Chirac lui-même. Lésée dans l'affaire, la municipalité a obtenu un peu plus de 2,2 millions d'euros en remboursement des emplois fictifs dont elle a honoré les salaires dans les années 1990.

«Le système a bénéficié à l'ambition d'un homme»

«L'association Anticor [qui milite contre la corruption] est entrée dans le dossier à ce moment-là, confie Jérôme Karsenti. Nous voulons d'abord qu'il y ait un débat contradictoire. Sinon ce procès ne sert à rien.»

Son confrère Frédérik Canoy est sur la même ligne. Lui défend un contribuable parisien. «Sa fille n'a pas pu obtenir de place en crèche, explique-t-il. Avec l'argent des emplois fictifs, cela aurait pu être possible. Plutôt que d'œuvrer au bien-être des Parisiens, le système a bénéficié à l'ambition d'un homme: Jacques Chirac.»

D'autres parties civiles peuvent encore se constituer jusqu'au réquisitoire du ministère public. Après avoir rédigé une ordonnance de non-lieu au bénéfice de Jacques Chirac, le ministère public devrait d'ailleurs requérir la relaxe à l'encontre de l'ancien président.