C'est le paradoxe d'un vieux lion de la politique. Alors qu'ils ne l'ont jamais autant aimé que depuis qu'il a quitté l'Elysée, les Français sont satisfaits de voir leur ancien président à la barre d'un tribunal. Selon un sondage Obea-InfraForces pour 20 Minutes et France Info*, 71% des sondés trouvent normal que Jacques Chirac s'explique sur des faits qui remontent à 1992-1995 (23% trouvent ça anormal, 6% ne se prononcent pas).

«C'est un gros score. Et même quand on essaye d'atténuer avec des arguments tels que: "Il est âgé" ou "La Mairie de Paris a été remboursée", les sondés se prononcent toujours en grande majorité pour son passage devant la justice», analyse Philippe Tapia, président de l'institut InfraForces.

Un ancien président aimé

Des résultats à mettre en parallèle avec une cote d'amour au top. En effet, 77% des sondés conservent un souvenir positif des années de présidence de Jacques Chirac (9% un très bon souvenir, 68% un bon souvenir). Pourtant, pendant ces derniers mois à l'Elysée, le successeur de Mitterrand avait atteint des sommets d'impopularité (16% d'opinions positives, 81% d'opinions négatives en juillet 2006).

«C'est un résultat logique. Il bénéficie de son éloignement du pouvoir et du fait que les Français sont bien conscients qu'il ne peut plus se représenter, détaille Philippe Tapia. Mais, au final, cette enquête montre surtout le besoin de justice des Français.»

Dans cette étude, les sondés s'assurent qu'ils sont très attentifs à l'égalité devant la justice (78% des sondés trouvent normal que Chirac soit jugé même s'il a été président de la République). Ce rejet de toute impunité se double d'une grande méfiance à l'égard du monde politique. Ainsi, 86% des sondés considèrent que ce genre d'affaires aurait pu concerner n'importe quel parti politique car «ils font tous la même chose».
 

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