Opération séduction de Marine Le Pen au Salon de l'Agriculture

POLITIQUE Elle a été très bien reçue partout...

© 2011 AFP

— 

Marine Le Pen au Salon de l'Agriculture, le 25 février 2011.

Marine Le Pen au Salon de l'Agriculture, le 25 février 2011. — M. MEDINA/ AFP

Marine Le Pen est déjà en campagne. Et ça passe par un petit tour au Salon de l'agriculture, étape obligatoire pour tout candidat à la présidentielle. Avec un grand sourire aux lèvres et une oreille attentive pour les professionnels, Marine Le Pen a mené vendredi une opération de séduction au Salon de l'Agriculture, tout en martelant le message du Front national contre la Politique agricole commune européenne, la PAC.

Pour sa première visite en tant que présidente du FN, la députée européenne s'est prêtée à l'exercice avec l'enthousiasme d'une candidate en campagne, goûtant à tous les produits et posant longuement près des vaches, face à une forêt de caméras et photographes.

Pantalon en jean's, chemise aux manches retroussées, celle qui veut améliorer l'image de son parti n'a rien laissé au hasard, s'arrêtant pour discuter dès qu'elle le peut avec les professionnels, et répétant se sentir «chez elle» auprès des agriculteurs.

La «PAF» contre la PAC

Ici, c'est une bière, là, un verre de blanc de Savoie, parfois des autographes: pendant trois heures de visite, la fille de Jean-Marie Le Pen ne se départit jamais d'un sourire rayonnant. Le message, lui, ne touche pas aux fondamentaux. L'ennemie de toujours, la PAC - dont la France est la première bénéficiaire - est fustigée dès qu'un micro se tend. De leur côté, des militants du Front national de la Jeunesse sont munis de tracts dénonçant l'alimentation halal.

«Nous mettrons en place la PAF, la politique agricole française», lance la dirigeante du FN, en promettant «plus d'aides directes» pour les «petits agriculteurs» et moins de pouvoir aux «technocrates de Bruxelles».

«Et puis je pense qu'il faut maintenant s'attaquer sévèrement à la grande distribution», dont «les marges sont insupportables», déclare-t-elle au stand des Brasseurs de France. «Il y a des rapports très troubles entre la grande distribution et les grands», accuse celle que les sondages créditent de 17 à 20% au premier tour de la présidentielle.

Très bien reçue au stand de la Martinique

La visite se poursuit par une halte chez les producteurs de légumes. L'un d'eux lui fait part des «distorsions de concurrence», notamment avec l'Allemagne. Marine Le Pen acquiesce.

Arrivée au pavillon des Régions, elle reçoit un accueil très chaleureux aux stands des départements et territoires d'outre-mer: embrassades au stand de la Martinique, fleurs offertes chez un horticulteur guadeloupéen, puis des paniers d'ananas et de bananes non loin de là.

«On l'accueille comme tout le monde. Mais elle, elle est restée beaucoup plus. Au moins, elle semble intéressée», commente Louis-Guy Faro, responsable d'un stand guadeloupéen. Un autre exposant, prénommé Victorius, assure qu'il votera pour «Mariline».

«Il n'y a rien de choquant à ce qu'elle soit là»

Aucune marque d'hostilité particulière ne troublera son passage. A plus d'un an de la présidentielle, Bruno, un ouvrier tourangeau de 53 ans, lui promet sa voix «aux deux tours» pour 2012. «Y'en a marre du chômage et des étrangers qu'on paie et qui foutent rien, explique-t-il. On a tout essayé, alors pourquoi pas elle?».

Yannick André, 27 ans, enseignant dans un lycée agricole de Lozère, juge qu'«il n'y a rien de choquant à ce qu'elle soit là». «Mais ça reste Marine Le Pen, donc des idées que je ne partage pas», ajoute-t-il.

En raison de débordements systématiques sur le sujet, la rédaction est contrainte de fermer cet article aux commentaires.