G20: La France arrache un accord in extremis

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Publié le 19 février 2011.

ECONOMIE - Les ministres des Finances des pays du G20, réunis samedi à Paris, sont parvenus à un accord sur la manière de mesurer les déséquilibres économiques mondiaux...

C'est un premier pas, que la France est parvenue à faire de justesse. L'hexagone, qui acceuille et préside le G20 ce week-end, a arraché in extremis samedi un accord à la Chine, sur la manière de mesurer les déséquilibres économiques mondiaux. Premier obstacle de sa présidence: levé.

«Cela n'a pas été simple»

«On a un accord, tout le monde y a mis du sien», a annoncé à l'AFP la présidence française de ce forum des principaux pays riches et émergents, qui représentent ensemble 85% de la richesse de la planète.

«Cela n'a pas été simple», a déclaré de son côté devant la presse la ministre française des Finances, Christine Lagarde, au terme de deux jours de réunions avec ses pairs, évoquant des «négociations franches, parfois tendues, mais fructueuses» qui ont abouti à un «compromis final».

La France s'était fixé l'objectif d'obtenir un accord dès sa première réunion à la tête du G20 sur une liste d'indicateurs permettant de mesurer les déséquilibres économiques, accusés d'avoir nourri la crise mondiale et la «guerre des monnaies» qui a fait rage à l'automne entre les puissances.

La Chine contre le reste du monde

Mais elle a longtemps buté sur la résistance de certains pays émergents, Chine en tête, s'opposant à certaines des mesures proposées.

«C'est la Chine contre le reste du monde», avait lâché samedi matin un membre d'une délégation, après une nuit de tractations infructueuses entre les grands argentiers de la planète ou leurs négociateurs.

Les indicateurs finalement retenus concernent les déséquilibres internes à un pays (dette et déficits publics, épargne privée) et les déséquilibres externes («la balance courante, à l'aune de laquelle seront pris en considération les taux de change, la politique fiscale et la politique monétaire», a expliqué Christine Lagarde).

La Chine l'emporte sur les réserves de change

La manière d'inclure le taux de change «a fait l'objet de longs débats», a reconnu la ministre. Et cette liste ne prend pas en compte les réserves de change, l'une des mesures les plus controversées. La Chine, du haut de ses 2.700 milliards de dollars de réserves, s'y opposait, tout comme le Brésil et la Russie.

En coulisses, la France et l'Allemagne, qui s'est résolue à accepter les indicateurs proposés après y avoir été réticente, ont mené une médiation auprès de la Chine, selon un négociateur.

Accusée d'accumuler d'énormes réserves de devises et excédents commerciaux grâce à son modèle économique axé sur les exportations, et de favoriser la sous-évaluation artificielle de sa monnaie, le yuan, qui handicape ses partenaires, la Chine redoutait d'être montrée du doigt.

Car ces indicateurs doivent servir de thermomètre pour établir un diagnostic partagé des grands déséquilibres et faire, dans la seconde moitié de l'année, des recommandations de politique économique aux pays qui présentent des excédents ou des déficits excessifs.

Les obstacles de la modernisation du système monétaire

La difficulté à parvenir à un compromis sur un sujet aussi technique en dit long sur les obstacles qui se dressent face aux ambitions réformatrices de la France, qui veut moderniser le système monétaire international, lutter contre la volatilité des prix des matières premières et instaurer une taxe sur les transactions financières pour aider les pays pauvres.

Dès la prochaine réunion ministérielle, mi-avril à Washington, elle entend fixer des limites chiffrées pour chaque indicateur, dont plusieurs pays, notamment la Chine mais aussi l'Allemagne, semblent ne pas vouloir.

La France a aussi abordé ses autres priorités, dans un «climat fructueux», selon Christine Lagarde.

Sur le système monétaire international, les ministres ont «débattu de ses défauts» et de la nécessité d'avoir un «code de conduite» pour réguler les flux de capitaux, a-t-elle dit.

Quant aux matières premières agricoles, une «grande convergence de vues» s'est esquissée sur la nécessité d'une plus forte «transparence», a-t-elle ajouté.

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